Avez-vous entendu parler de ce formidable livre qu’est POV ? Ce roman aborde des thèmes assez délicats, autant pour les enfants (les ados en particulier) que pour leurs parents. Découvrez ici 5 bonnes raisons de lire POV (Point Of View).
Sommaire
Fiche identitaire
POV (Point Of View) est une oeuvre de Patrick Bard, parue aux éditions Syros en 2018. Après Et mes yeux se sont fermés, POV (Point Of View) est son deuxième roman jeunesse. Il s’adresse à un public avisé de son contenu, de 13, 14 ou 15 ans et plus.
Son auteur, Patrick Bard, est un photojournaliste et un écrivain français. Il est né en 1958 et compte à son actif deux romans jeunesse, sept romans, quatre nouvelles et plusieurs autres oeuvres de rubriques différentes.
Résumé
POV (Point Of View) nous parle de Lucas, un jeune ado qui découvre pour la première fois la pornographie en ligne à 11 ans, avec des copains. Il lance le téléchargement d’un film de Superman (il est un grand fan des Super-Héros) quand s’affiche une publicité pornographique. Il a maintenant 13 ans. Il lance la vidéo sans vraiment savoir ce qui l’attend, et se retrouve sidéré par ce qu’il voit. Cette visualisation lui procure une sensation pas désagréable du tout, une émotion inouïe. Alors il retente l’expérience, voulant retrouver cette palpitation qui l’a étreint précédemment. Cette action se répète plusieurs fois : il semble éternellement insatisfait et réitère l’expérience à chaque fois. Lucas finit par s’enfermer, tout seul dans sa chambre, pour visionner ces vidéos sur son ordinateur et sur son portable. Il n’a plus d’amis, ses notes chutent, il grossit, et il dort en cours. Pour tout le monde, Lucas est un geek. Il est normal qu’à son âge, il soit autant accro à internet. Cela lui passera, se répètent ses parents. Cependant, à force de cliquer sur tous les liens qui passent, son ordinateur et son téléphone se retrouvent infestés de virus. Le pot aux roses est découvert, lorsque le père demande à un ami à lui de faire réparer les appareils. Les parents se disputent quant à ce qu’il convient de faire pour sauver leur fils, mais le père insiste pour appliquer sa méthode à lui. Lucas n’a désormais plus accès ni à son téléphone ni à son ordinateur. Malheureusement, cette solution ne semble pas être la meilleure. Les parents de Lucas se retrouvent alors obligés d’utiliser une autre méthode pour sortir l’enfant de ce ravin dans lequel il s’est enfoncé, sous leurs yeux aveugles.
Ce que vous gagnez à lire POV
Identification au personnage principal et aux parents
En tant qu’adolescent, il est facile de s’identifier à Lucas. On comprend entièrement Lucas parce qu’on a déjà fait comme lui, ou tout simplement parce qu’il a notre âge. Il nous est encore plus facile de comprendre ses réactions, et on se rend compte que nous sommes interpellés, et que ce livre s’adresse à nous tous pour souligner l’utilisation que nous faisons de nos téléphones et ordinateurs.
En tant que parent, on est plus conscient de la facilité avec laquelle l’enfant peut tomber dans une sphère nuisible. On prend plus à coeur leur surveillance.
La cyberpornographie mise à nu
Selon Stanton Peele, “L’addiction est une recherche de satisfaction qui amène le sujet à focaliser peu à peu son existence sur un comportement (compulsion) en réduisant ses capacités à jouir de la vie (centration)”.
L’addiction à la cybersexualite, ou cyberpornographie enveloppe avec une facilité et une rapidité déconcertantes les jeunes qui s’y mettent. Grâce à internet, les pornographies sont plus accessibles et pullulent. Les publicités sont nombreuses et s’infiltrent partout. L’industrie pornographique a envahi les sphères et cette invasion facilite l’addiction au sexe en ligne.
Il suffit de regarder une fois pour avoir envie de recommencer. La deuxième fois on se dit “c’est bon, j’arrête, c’est la dernière fois”, mais les esprits faibles n’arrivent pas y mettre une barrière et sombrent, lorsqu’ils ne sont pas suivis. Le contact est coupé partout ailleurs, sauf pour les vidéos qui deviennent partie intégrante de nos corps. S’en passer devient impensable.
Il est difficile de sortir de cette addiction, on ne peut plus le faire tout seul, il nous faut de l’aide du dehors.
Les amitiés virtuelles, c’est bien. Mais les relations dans le monde réel sont encore plus nécessaires. Généralement, on est hyper méfiant des parents, mais aux amis il est plus facile de laisser transparaître ce qui ne va pas. Avoir une vie sociale, un groupe d’amis, être lié à des personnes hors du cercle familial aide à éviter les dépressions. Être socialement actif diminue la sensation d’isolement et améliore l’estime que l’on a de soi-même. Nos amis peuvent être nos confidents, et nous éviter (même sans le savoir) de sombrer dans l’addiction.
L’importance de l’éducation sexuelle
Le fait de n’avoir pas eux-mêmes initié leur enfant à la sexualité a favorisé l’ancrage des films pornographiques en Lucas. De même, les films pornographiques lui ont inculqué cette conception erronée que Lucas s’est faite du sexe et des femmes. Ceci appelle alors l’importance de l’éducation sexuelle.
En dehors de la réduction des IST et du nombre de grossesses non désirées et en milieu scolaire, l’éducation sexuelle impacte positivement sur les comportements sexuels, en retardant le début de l’activité sexuelle. Elle outille les jeunes pour réfléchir à leurs comportements, leur environnement et leurs attitudes en ce qui concerne le genre et les droits.
On peut facilement voir que l’ampleur de l’addiction de Lucas aurait sûrement été moindre s’il en avait bénéficié. Plus importants encore, le choc renvoyé par le livre et la difficulté de se tirer de cette ombre nous poussent à prendre garde à nos jeux sur internet. Notre mental est grave par Lucas et ce qui lui est arrivé : un excellent traitement préventif.
La responsabilité des parents
Lorsqu’on parle de responsabilité des parents à l’égard de leurs enfants, il ne s’agit pas uniquement de les nourrir, de leur domicile fixe, de la scolarité. Les parents de Lucas ont fauté quant à sa surveillance. Ils n’ont pas pris au sérieux les symptômes qui apparaissent et les ont banalisés. S’il est vrai qu’ils ne peuvent pas tout le temps être sur son dos, ils devraient comprendre qu’il est encore tout jeune et doit être surveillé. Il devrait y avoir des limites pour utiliser les appareils connectés, une restriction à l’accès aux données internet pour protéger l’enfant. Et plus encore, leur parler de tous les dangers qu’ils courent dès qu’on remarque un changement dans leurs comportements par rapport à quelque chose de particulier. Cela fait, il faut leur laisser le champ libre, essayer de leur faire confiance tout en contrôlant leurs activités sur internet.
Grâce à ce livre, on se revoit ado, maintenant (ou bientôt) parents, et on calcule déjà comment aborder nos enfants afin de leur éviter des souffrances.
Parlons-en : les dangers de l’addiction à Internet
Bien qu’elle ne soit répertoriée ni dans la dernière Convention internationale des Maladies (CIM-11) de l’OMS ni dans le dernier Diagnostic and Statistical Manual of mental disorders “Manuel de diagnostic et de statistique des troubles mentaux” (DSM-5) de L’association américaine de Psychiatrie, l’addiction à Internet gagne du terrain et ses conséquences n’en diminuent pas pour autant.
Les symptômes d’une addiction digitale :
- Le besoin de se connecter est si grand qu’on a l’impression d’étouffer;
- Une tension très palpable lorsqu’on s’est trop longtemps déconnectée (relativement);
- Une perte de contrôle, de lucidité sur le temps que l’on passe sur le net.
Les plus exposés sont les jeunes d’aujourd’hui, appelés Génération Z (12 à 22 ans), et qualifiés de “digitale native”. Il leur est impossible d’imaginer le monde sans internet, qui prend donc une importante place dans leur quotidien.
Quelques conséquences de la cyberaddiction :
- Yeux secs et piquants ;
- Trouble du sommeil ;
- Maux de tête récurrents ;
- Alimentation et hygiène négligées ;
- Impossibilité de modifier ses nouvelles habitudes relatives à internet ;
- Irritabilité ;
- Difficulté de concentration.
Cependant, l’addiction à internet peut être un moyen pour combler un déficit, un manque ressenti et qu’on n’arrive pas à exprimer facilement. D’où l’importance de recourir à un psychologue pour avoir un diagnostic clair et précis.