Ropero de Cathy Berna

Age : 12 – 15 ans

Éditeur : Hachette  (2018)

280 pages

Note :

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Léonie perd peu à peu la vue mais surtout le goût de la vie. Un jour, elle décide pourtant de se rendre à un festival d’électro, un choix loin des préférences musicales de cette jeune fille qui joue à la guitare de la musique classique. Là-bas, elle fait la rencontre d’Ezra, un jeune homme de vingt ans, que la vie a malmené. Entre eux deux, une relation aussi brève qu’intense se noue. Lorsqu’un orage violent éclate et disperse la foule dans un mouvement de panique, Léonie est brutalement séparée d’Ezra et l’univers de l’un et l’autre vole à son tour en éclats…

Léonie est une jeune fille de 16 ans réservée, surdouée, enfermée dans un handicap, une maladie qui lui fait perdre la vue. Elle passe ses journées à jouer à la guitare des morceaux de musique classique mais sans plus aucune passion. Ezra, lui, est un jeune homme de 20 ans que la vie n’a pas épargné. Presque SDF, il vit la plupart du temps dans un vieux van et chez sa famille d’adoption. Il va, sans but précis, d’un point à un autre, noyant parfois ses peurs, ses souvenirs, son chagrin dans l’alcool. Léonie et Ezra se rencontrent par hasard sur un festival électro. Dés le début Ezra est fasciné par cette jeune fille sur laquelle il va devoir veiller. A ses côtés, Léonie, elle, ressent un sentiment nouveau, grisant. Les quelques heures qu’ils passeront ensemble vont sceller leur attachement l’un pour l’autre, jusqu’à ce que tout éclate avec l’orage de cette nuit là…

Ropero est l’histoire d’un amour idéal, fantasmatique. La rencontre entre Léonie et Ezra c’est un coup de foudre qui frappe intensément et par surprise deux êtres que rien ne prédisposait à s’aimer. On est touché par ce lien qui se crée instantanément entre ces deux personnages et la manière dont Ezra sera ensuite prêt à tout pour sauver Léonie.  Ce lien fera sans conteste rêver l’âme romantique des adolescents mais de mon point de vue Ropero pousse l’ensemble un peu trop à son paroxysme au point de perdre toute forme de crédibilité. Si le propre du coup de foudre est bien d’être soudain et intense, on a cependant du mal à comprendre comment Ezra peut être prêt à tout pour Léonie, y compris partir très loin pour une fille qu’il n’a vu que quelques heures. Sans être terre à terre, c’est un peu trop…
Disproportionnée aussi, la réaction de Léonie, qui, suite à la tempête lors du festival et à cette main lâchée d’Ezra, rejette le jeune homme violemment et s’enferme dans l’anorexie. La goutte d’eau qui fait déborder le vase, peut-être ? mais c’est là aussi un peu trop…

Si l’on met de côté la crédibilité de Ropero et si on se concentre plus sur les personnages et notamment l’histoire personnelle d’Ezra et Léonie, alors je peux dire que j’ai trouvé ces personnage émouvants. Comment ne pas ressentir de l’attachement pour le sauvage Ezra et son parcours personnel chaotique ? Comment ne pas ressentir non plus de l’empathie par rapport à Léonie, qui perd inéluctablement la vue et ne parvient pas à accepter la situation ? Ces deux personnages ont une histoire et un parcours très fort qui m’ont attendrie. 

Côté style, j’ai en partie aimé l’écriture de Cathy Berna car on sent que l’autrice a souhaité offrir pour chaque partie de son roman des tonalités différentes et on sent aussi qu’elle a peaufiné ses phrases. Les points de vue, la focalisation changent tour à tour dans Ropero. Mais si l’utilisation de ces phrases courtes, hachées, parfois nominales, donne au roman une touche lyrique, cela a fini par me lasser et m’ennuyer. Cette lecture dont je pensais au départ qu’elle me bouleverserait, a ainsi peu à peu moins suscité mon intérêt. J’en garde un souvenir malheureusement mitigé, comme si j’avais fais une overdose de lyrisme et de romantisme.

En quelques mots :

Ropero est l’histoire d’un amour idéal, fantasmatique. La rencontre entre Ezra et Léonie nous touche d’abord car l’histoire personnelle et le parcours de ces deux jeunes gens sont bouleversants. Mais au fur et à mesure de la lecture, l’intérêt s’étiole. Le romantisme exacerbé, la perte croissante de crédibilité du récit et le lyrisme parfois peu naturel de l’écriture, finissent par nous lasser. J’ai commencé cette lecture charmée, mais je l’ai finie très mitigée.

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