Lotto girl de Georgia Blain

Age : 12 – 15 ans
Éditeur : Casterman ( 2017 )
350 pages

Note : [usr 3]

Acheter en ligne :

amazon 

 

Fern est une Lotto Girl, ses parents, peu fortunés, ont remporté une loterie organisée tous les 7 ans et qui offre la possibilité, aux gagnants, de choisir l’apparence et les qualités de leur futur enfant grâce à des manipulations génétiques. Mais au moment où l’histoire commence, Fern a tout perdu et vit dans un camp, sous une nouvelle identité. Comment la jeune fille en est-elle arrivée là ?

Lotto girl est un roman qui aborde la question de l’eugénisme, c’est-à-dire, de la transformation et de la mutation de l’Homme grâce à des manipulations génétiques dans le but d’atteindre un idéal. Ce recourt est néanmoins réservé à une petite élite qui survit dans un monde dévasté. Fern est issue d’une famille de travailleurs pauvres mais grâce à une loterie qui a lieu seulement tous les 7 ans, ses parents ont pu modifier avant sa naissance son ADN. Elle savoure dès lors sa chance même si elle doute parfois de ses capacités au sein du prestigieux internat pour filles d’Halson où elle vit depuis son enfance avec également trois autres lotto girls : Wren, Ivy et Lark.

Mais dès le début du roman le lecteur comprend que le destin de Fern a basculé et que la jeune fille a été « effacée ». Depuis elle est contrainte de survivre au sein d’un des camps de travailleurs qui pullulent. Une existence difficile, misérable, où il faut se batte pour travailler, récupérer des données et ainsi espérer boire et manger. Ce n’est qu’à travers une narration qui alterne entre le présent de Fern dans ce camp  et le passé de la jeune fille, que le lecteur reconstruit les morceaux de l’histoire de l’adolescente. 

J’ai bien aimé Fern. C’est une héroïne complexe qui s’interroge sans cesse sur elle-même, ses capacités mais aussi son rôle dans la société. On s’aperçoit au fil de notre lecture que son destin est entièrement contrôlé par les adultes et que son existence heureuse à Halson ne cache qu’une prison dorée. Suivre son évolution est intéressant car extrêmement liée à la problématique qui sous-tend tout le roman : l’eugénisme. En effet, dans Lotto girl,  Georgia Blain porte une vraie réflexion autour du rôle de la manipulation génétique dans  le façonnement de « l’intelligence » humaine, qu’elle place en regard de l’éducation. Ainsi l’auteur lance le débat pour savoir si l’intelligence et les capacités de chacun sont dues à l’école et l’environnement social, ou s’il est possible de tout acquérir grâce à la manipulation génétique. Une réflexion intéressante mais dont la réponse finale reste malheureusement un peu floue car le roman Lotto Girl se termine assez abruptement.

Par ailleurs, Lotto girl souffre d’un manque de rythme car l’auteur s’attache énormément à présenter son univers et notamment la vie quotidienne de Fern à Halson ou au camp. Un choix qui m’a rappelée le roman Le Passeur de Lois Lowry, aussi lent dans son développement, même si fascinant par rapport au monde futuriste qu’il dévoile. C’est aussi le cas dans Lotto girl car si on reconnait un manque de rebondissements, Georgia Blain a par contre laissé le champs libre dans son roman pour présenter le fonctionnement de son univers…Enfin, là encore pas totalement car certains éléments restent un peu obscurs après la lecture. Je n’ai par exemple pas vraiment compris en quoi consistaient la récolte des « données » dont il est souvent question et qui semble servir d’argent. De la même manière, quid des Opposants, qui occupent un tiers du roman et dont le destin final n’est pas très clair…
Si on pouvait espérer une suite, qui viendrait éclairer les zones d’ombres et enrichir le final rapide, le décès de l’auteur, en 2016, met un terme à tous ces espoirs. 

De fait, mon avis sur Lotto girl est mitigé. J’ai aimé le personnage de Fern, le débat sur l’eugénisme et l’univers mais j’ai été déçue par l’absence de rythme et la fin très floue du roman. Un one shot qui souffre donc d’un défaut celui de vouloir tout raconter en 350 pages, format un peu court par rapport au champs des possibles ouverts au fil de l’histoire.

En quelques mots :

Ses parents ayant remporté une incroyable loterie, Fern a pu naître avec des capacités génétiquement modifiées et intégrer la prestigieuse école pour filles d’Halson. De quoi espérer échapper à la dure vie des camps de travailleurs qui pullulent dans ce futur dévasté. Mais lorsque nous découvrons Fern, la jeune fille a tout perdu. Il faut alors essayer de remonter le fil de son histoire, entre passé et présent, pour comprendre comment son destin a basculé. 
Lotto girl lance le débat autour de la question de l’eugénisme et Georgia Blain nous tient en haleine grâce à une description intrigante de son monde futuriste. Le personnage de Fern est aussi attachant qu’intéressant car complexe. De plus il permet de poser la question du bienfait (ou non) de la manipulation génétique. 
Néanmoins Lotto girl souffre d’un manque de rythme qui n’est certes pas dérangeant mais essouffle l’intérêt du lecteur. Combiné à une difficulté à saisir tous les tenants et aboutissants, un récit parfois flou et une fin abrupte, nous ressortons malheureusement un peu déçus de cette lecture pourtant très prometteuse.

A propos de Georgia Blain

Georgia Blain est née en 1964. Cette auteure australienne a aussi été journaliste, biographe et a également écrit des recueils de nouvelles. Lotto Girl est son dernier roman, elle s’est éteinte en décembre 2016.

Lien pour marque-pages : Permaliens.

Un Commentaire

  1. Ce fut une lecture en dents de scie. J’étais très emballée au début, puis j’ai eu un creux avant d’être à nouveau intéressée par l’arrivée des opposants. Mais dans l’ensemble, je suis passée à côté de ce roman et, comme toi, je n’ai pas tout compris (notamment cette histoire de données).

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.