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Marina de Carlos Ruiz Zafon
Pour les 15 ans et +, 340 pages, Pocket jeunesse.
Oscar vit à Barcelone dans un internat.
Il aime sortir seul après les cours et se promener dans les
rues. Un jour, il pénètre dans une maison, vole une
montre par mégarde et lorsqu'il revient la rendre, fait connaissance
de Marina. Marina est belle, elle à seize ans, semble heureuse
et surtout est très mystérieuse. Oscar en tombe immédiatement
amoureux.
Un après-midi, ils surprennent dans le vieux cimetière
de Barcelone, une femme à l'étrange comportement : elle
est agenouillée devant une tombe qui n'a pour toute inscription
qu'un papillon noir. Poussés par la curiosité, les deux
adolescents la suivent et plongent alors dans une énigme qui
hante la ville depuis trente ans.
Depuis le succès de L'ombre du vent et Le Jeu de
l'ange, Carlos Ruiz Zafon est devenu l'un de ces auteurs espagnols
célèbres en France dont l'oeuvre antérieure est
petit à petit découverte pour le plus grand plaisir
des lecteurs.
Marina, est le premier de ses romans traduits à
destination et des adultes et des ados même si l'auteur dira
dans une note en fin d'ouvrage que cette notion de "public"
est pour lui très floue, préférant dire : "Je
considère que j'écris pour ces gens qui aiment lire,
et je ne demande jamais une photo d'identité pour vérifier
leur âge, leur race ou leur sexe". Une belle phrase
qui vient éclairer sans doute le choix de deux éditeurs
puisque Pocket et JC Lattès ont décidé de publier
le même roman pour deux publics différents : l'un "jeune",
l'autre "adulte".
L'histoire de Marina de Carlos Ruiz Zafon en elle même,
met en scène un adolescent de quinze ans, Oscar Drai, vivant
dans la Barcelone de la toute fin des années 70. La puissance
religieuse est toujours là, au coeur de la vie des Espagnols
et c'est tout naturellement qu'Oscar vit dans un de ces internats
dirigés par des Frères, non mixte.
Pour échapper à cette ambiance bien réglée,
le garçon, solitaire et aventureux par nature, court les rues
de la ville après les cours. Il semble affectionner particulièrement
les anciens quartiers bourgeois de Barcelone et c'est dans l'une de
ces vieilles maisons qu'il croisera donc la route de l'envoutante
Marina. Le lecteur la découvre alors sous le regard d'Oscar
et est immédiatement subjugué par la splendeur, le côté
mystérieux aussi, qui émane de la jeune fille.
La toile de fond de Marina repose sur une vieille histoire
des années 30-50, autour de la personnalité de Mihail
Kolvénik dont on découvre l'étrange et horrifiante
passion pour les prothèses mécaniques qui le conduisirent
à la folie car au fur et à mesure il est hanté
par ses propres démons.
Parce que cette énigme venue du passé repose sur la
création de mécanismes qui font froid dans le dos, nombreux
passages de Marina feront frissoner le lecteur, le surprendront
ou le glaceront d'effroi.
Dés les premières lignes, Carlos Ruiz Zafon nous met
l'eau à la bouche, nous plonge au coeur du mystère et
montre que l'histoire qu'il va nous conter, est très intrigante
: "En Mai 1980, j'ai disparu du monde pendant une semaine."Par
la suite, le mystère et le suspense ne se démantent
pas et le livre se dévore.
Marina est écrit dans un style souple et fluide,
très bien détaillé. La traduction retranscrit
bien le ton caractéristique des romans espagnols qui aiment
faire venir les événements petit à petit, dans
une langue riche et ornée de descriptions, reposant sur l'analyse
des sens et sentiments. Une prose à mon goût très
belle et agréable à lire qui emporte le lecteur de la
première à la dernière page dans cette histoire
très humaniste qui pose finalement aussi la vaste question
de l'amour et des sentiments au moment où la mort, la maladie
et la destruction envahissent le quotidien.
Le mieux est de relire, à la fin du roman, son début
et alors les premières pages prennent tout un sens, nous donnant
même envie de relire Marina une deuxième
fois.
A propos de Carlos Ruiz Zafon
Carlos Ruiz Zafon est né le 25 septembre 1964 en Espagne
à Barcelone, ville où il situe la plupart de ses romans.
Depuis 1993, date à laquelle il publie son premier roman El
Principe de la niebla (Le
prince de la brume), il vit à Los Angeles. Il publie
d'abord des romans à destination de la "jeunesse"
comme Marina en est un exemple. C'est avec L'ombre
du vent (publié en 2004 en France mais écrit
en 2001) que Carlos Ruiz Zafon devient un auteur d'envergure nationale,
auteur également pour les "adultes". Succès
confirmé ensuite avec Le Jeu de l'ange. Depuis
son oeuvre a été traduite en plus de quarante langues
et a reçu de nombreux prix littéraire.
http://www.carlosruizzafon.com/
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