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Je préfère qu'ils me croient mort d'Ahmed Kalouaz
Pour les 13 ans et +, 95 pages, Rouergue :
doAdo Monde.
Kounandi, comme tous les jeunes Africains, est passionné
de foot et passe ses journées à jouer avec ses amis.
Un jour, un Italien les filme et trouve Kounandi prometteur. Il
lui fait miroiter une grande carrière de footballeur en Europe,
vol ses parents de 2000 euros et l'emmène pour la France
où Kounandi se retrouve bientôt livré à
lui-même, des rêves de gloire plein la tête...
Après son roman La
Première fois on pardonne qui parlait d'un sujet
sensible puisqu'il était question des femmes battues, Ahmed
Kalouaz s'intéresse avec Je préfère qu'ils
me croient mort, à une autre triste réalité
dont j'ignorais encore l'existence il y a quelques jours.
C'est l'histoire d'un Africain comme il en existe plein d'autres,
c'est l'histoire d'un jeune dont on s'est servi, que l'on a volé,
lui, qui déjà n'avait rien. Kounandi c'est ce garçon
Africain qui rêve de devenir footballeur mais finira balayeur
ou pire, SDF, dans les rues de la Capitale. Toute sa vie, il aura
peur d'être pris par la police et de rentrer au Pays, avec
pour seul souvenir de la France, la défaîte. Ses parents
ont tout donné, même plus, pour le succès de
leur enfant qui à peine descendu de l'avion comprend que
tout ne tourne pas rond, ni comme prévu. Balloté de
chambres en chambres miteuses d'hôtels puis abandonné,
Kounandi essaye de trouver des mains pour l'aider mais ne rencontre
que des profiteurs ou presque.
Je préfère qu'ils me croient mort est
un texte tout en pudeur et en finesse, qui aborde un sujet difficile.
Le lecteur, à cette lecture se sent révolté
par cette réalité sur lequel on semble avoir bien
peu d'emprise. Raconté à la première personne,
ce roman est crédible et touchant, sans concession mais baigné
d'espoir malgré tout car Kounandi veut y croire, jusqu'au
bout, malgré ses mois de galère. Il y croit parce
qu'il sait qu'il ne peut pas rentrer ainsi chez lui sans avoir réussi,
parce que se serait pire encore que mourir...
C'est une phrase prononcée par ses 99% des jeunes Africains
qui viennent en France et dans toute l'Europe avec le rêve
de devenir footballeur qui donne au roman son titre. Une phrase
terrible et incisive, qui cache une triste réalité.
En complément de son roman, Ahmed Kalouaz propose au lecteur
un court article de presse qui aborde ce phénomène
méconnu du grand public, sa lecture nous touche plus encore
: ce n'est plus de la fiction, c'est le monde dans lequel nous vivons.
Je préfère qu'ils me croient mort est un beau
texte, sur la face cachée du monde du football, dénonçant
sa cruauté envers les joueurs et son manque de pitié.
A propos d'Ahmed Kalouaz
Ahmed Kalouaz est né en 1952 en Algérie d'une père
et d'une mère qui ne s'aimaient pas vraiment. Il vit aujourd'hui
dans le Gard et depuis longtemps il publie des textes. D'abord dans
le domaine du théâtre, puis des recueils de nouvelles
et plus récemment des romans à l'attention des enfants
et des adolescents.
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