|
|
La Belle Adèle de Marie Desplechin
Pour les 11 ans et +, 160 pages, Gallimard
jeunesse.
Pour fêter son anniversaire, la tante Sopha
emmène Adèle se maquiller et lui acheter du maquillage
parce que franchement, la jeune fille n'est pas assez féminine
! Mais Adèle ne veut pas faire comme toutes les autres filles
de son collège. Son seul ami est le trop gentil Frédéric,
qui comme elle, n'est pas bien intégré à la
dictature du collège. Pour mettre fin à cette exclusion,
ils décident de faire croire à tout le monde qu'ils
sont ensemble, mais l'histoire ne s'arrête pas là lorsqu'un
photographe les rend héros d'une campagne pour un ministère...
Marie Desplechin est une auteur particulièrement appréciée
par les jeunes ados avec des romans frais et tissés d'humour
comme le prouve une fois de plus ce court récit, La
Belle Adèle. L'auteur de Verte ou encore Le Journal
d'Aurore nous plonge dans la vie quotidienne de deux amis en marge
des codes du collège : Adèle ne veut pas se donner
du mal pour se maquiller, s'habiller, coiffer ses cheveux ou paraître
moins brusque, et Frédéric est "tragiquement
gentil" et n'est pas non plus dans le moule des garçons
du collège.
Les sujets principaux de ce roman sont bien sûr les thèmes
qui touchent l'adolescent de près : l'amour, les sentiments
entre amis, la vie scolaire et le quotidien. Adèle et Frédéric
incarnent en effet à la perfection deux collégiens
qui ne comprennent pas toujours la dictature des vêtements
et de l'apparence qui règne au sein des collège. Le
ton d'Adèle pour décrire cet effet est d'ailleurs
sans appel et parfaitement juste : "Une personne qui n'y
vit pas ne peut pas se rendre compte de la dictature qui règne
dans un collège. Je ne crois pas. Il s'agit d'une forme de
dictature très particulière, et très efficace,
parce qu'elle n'arrête pas de se renouveler. Je veux dire
que si les dictateurs changent, la dictature reste. Le collégien
moyen vit sous le regard permanent du groupe. Et le groupe obéit
toujours à ses dominants. Le collégien est jugé
sans cesse et il est jugé sur tout. Ses vêtements.
Sa manière de parler, de marcher, de s'asseoir. La marque
de son sac à dos. De ses baskets. Son comportement en classe,
à la cantine. Ses amis. Sur chacun de ces points, il est
vivement recommandé d'avoir l'accord du groupe"(La
Belle Adèle, page 31).
Leur problème c'est que tous les deux n'ont pas adopté
la bonne stratégie jusqu'ici mais un jour, ils ont l'idée
de génie, pensent-ils : se mettre ensemble. A partir de ce
moment là, le récit devient de plus en plus amusant.
La Belle Adèle a d'abord été
publié en feuilleton sur Smartphone et se découpe
de ce fait en plein de petits chapitres d'environ quatre pages qui
relancent sans cesse la dynamique du texte. Les péripéties
sont nombreuses de même que les rebondissements, particulièrement
à la fin, où La Belle Adèle en
quelques chapitres devient une tout autre histoire... D'ailleurs,
Marie Desplechin n'hésite pas à faire des effets d'annonce
tout au long de La Belle Adèle avec des phrases
annonciatrices de bouleversements comme : "Il était
dubitatif. Il n'avait pas tort...", "Le temporaire était
parti pour durer. Mais ça, pauvre chéri, il ne le
savait pas encore..."...
Le style est léger, aéré et le livre est agréable
et pas du tout ennuyeux. Marie Desplechin nous fait passer un bon
moment de détente en compagnie des deux faux-tourteraux,
Adèle et Frédéric, entourés de personnages
extravagants mais tout aussi attachants comme la tante Sopha et
le photographe Brian.
A propos de Marie Desplechin
Marie Desplechin est née le 7 Janvier 1959 à Roubaix,
dans le Nord-Pas-de-Calais. Elle a fait des études de lettres
et de journalisme. Elle a travaillé quelques années
dans le milieu de la communication d'entreprise puis publié
ses premiers livres à l'Ecole des loisirs. Elle est
particulièrement appréciée pour ses livres
à destination des enfants et ados comme Verte, Pome,
Le Journal d'Aurore... Elle a reçu plusieurs prix
comme Le Prix Medicis Essai en 2005 pour La Vie sauve
écrit avec Lydie Violet mais aussi des prix jeunesse. Ses
livres sont traduits en plusieurs langues. Marie Desplechin travaille
aussi avec des artistes de différentes disciplines comme
Carolyn Carlson pour la création du spectacle Le Roi
penché ou Florence Miailhe pour un projet de film
d'animation. Elle est toujours journaliste et publie frequemment
des articles pour l'Express.
|
|
|
|