RETROUVE LIRADO SUR :
 
 


LE DOSSIER DE LIRADO

La littérature pour adolescents et le web
Quand les éditeurs, les auteurs et les livres jeunesse passent au numérique.

Aujourd'hui la littérature pour adolescents a investi, dans une large proportion, le web. Il n'est plus inédit de voir apparaître le site web « spécial jeunes » d'un éditeur ou l'ouverture d'un blog par un nouvel auteur. Comme les autres marques, les éditeurs et les auteurs sont là où les jeunes sont.
Depuis peu, les éditeurs se sont également penchés sur la question des livres numériques pour adolescents. Un marché encore très jeune mais riche d'avenir.
Alors sans plus attendre démarrons ce petit tour d'horizon de cette présence de la littérature pour ados sur le web...
De la démultiplication des sites consacrés à la littérature pour adolescents.
Le premier constat rapide qui sera ici fait, c'est la large place consacrée à la littérature jeunesse et en particulier pour ados sur le web. En 2004, lorsque Lirado a été créé, il n'y avait pas autant de sites, blogs et même forums sur le sujet. Et puis au fil des années, comme pour tous les autres domaines, la toile s'est faite plus riche et les avis sur tel ou tel roman jeunesse se sont multipliés. Une véritable mine d'or pour trouver LA lecture qui nous conviendra ou même voir quels avis ont eu les autres sur le livre que l'on projette de lire ou que l'on vient de lire...

Ricochet Jeunesse , la référence en littérature jeunesse pour les bibliothécaires, professeurs de français, professeurs des écoles, et professeurs-documentalistes.

Chez Clarabel, un blog consacré à la littérature, surtout pour jeunes et ados, depuis longtemps présent sur la toile.
Quand les éditeurs s'intéressent au web.
Second constat : les éditeurs s'y sont mis. Ne me dites pas que vous n'êtes jamais allés sur Lecture Académy ? C'est le plus gros site d'un éditeur entièrement fait pour les jeunes, conçus par le pionnier Hachette Jeunesse.
Il y a encore deux-trois ans, les sites des éditeurs c'étaient d'abord des bases de données destinées surtout aux spécialistes : on trouvait le catalogue de leurs livres publiés ou à venir, les biographies des auteurs et l'actualité de la maison d'édition et des auteurs...
Rien de bien nouveau aujourd'hui sauf que ces derniers temps, les sites des éditeurs jeunesse ont commencé à réfléchir pour dynamiser tout ça et surtout faire venir les jeunes eux-mêmes sur leur catalogue de livres.
Fini les sites austères, place aux sites colorés : on a du jaune, du vert, du orange, du rouge, du blanc, du noir, du violet et du bleu qui se côtoient et donnent un vrai coup de jeune. Des sites comme On lit plus fort (Gallimard), Lire en live (Nathan) et Lecture Académy (Hachette) ont bien compris comment attirer les ados.

Le site Gallimard Jeunesse traditionnel

Le blog On lit plus fort de Gallimard jeunesse,
à destination des ados.
Le must du must à l'heure actuelle c'est apparemment Lecture Académy avec sa communauté où les internautes sont invités à commenter les livres publiés par Hachette Jeunesse, à participer à des concours, à lire des extraits en ligne, à visionner des bandes-annonces et même lire des textes inédits...
Dans le domaine, On lit plus fort de Gallimard et sa plate-forme sur Skyblog est aussi dynamique et vivante. Les autres éditeurs (Nathan, Pocket, Michel Lafon, Albin Michel, Milan...) ont fait le choix de sites plus sobres mais aussi ouverts et agréables qui proposent également des extraits et des concours aux jeunes internautes.
Aujourd'hui, les éditeurs ne sont pas uniquement sur la toile au travers des sites web qu'ils mettent en place mais aussi grâce aux pages Facebook et Twitter.
Sur Facebook les communautés de fans sont conséquentes et attirent les jeunes autant que les autres produits. Ils sont plus de 80 500 a aimé Black Moon (Hachette), plus de 52 000 fans de On lit plus fort (Gallimard) et plus raisonnablement plus de 13 000 pour Pocket Jeunesse et plus de 11 500 pour Lire en live (Nathan).. même les plus petits ont trouvé du « j'aime » sur Facebook (Mango, Collection R, Albin Michel Wiz, MSK...). Sur Twitter c'est pareil, même si là, les ados sont moins nombreux.
Dans ce vaste panorama, nous ne pourrions oublier aussi les pages consacrées à des séries ou des romans précis : Hunger Games, 16 Lunes, La Pyramide rouge... vous pouvez trouver à de nombreux romans en tête des ventes une page qui lui est consacrée... Dernier exemple en tête, le roman Dis moi que tu m'aimes de l'espagnol Francisco de Paula Fernandez (surnommé Blue Jeans) , paru chez Albin Michel Wiz, comptabilisait déjà plus de 2400 fans au 7 juin 2012, quelques semaines après le lancement de la page, une semaine après la mise en vente de l'ouvrage dans les librairies.
Il n'y a pas à dire, les ados aiment les éditeurs et leurs livres, et ils le montrent chaque jour en s'abonnant à leurs pages Facebook et en commentant avec plus ou moins d'assiduité les publications de ces derniers.

La page Facebook de Lire en Live (Nathan)
ouverte en Mai 2012 et déjà plus de 11500 fans.

La page Facebook consacrée au livre
Dis moi que tu m'aimes et déjà plus de 2400 fans
Les auteurs sont sur la toile eux aussi !
Les auteurs jeunesse aussi ont le web dans la peau. Ils ont mis le web au service de leurs livres et de leurs rencontres avec les lecteurs de leurs romans. Le web est devenu le mode de transport par excellence pour se rapprocher de son public et le public aime que les auteurs soient proches d'eux.

La première à l'avoir compris, c'est Sophie Audouin Mamikonian. Elle a une communauté de fans importante avec sa série des Tara Duncan : ce sont les Taradictes. Depuis plusieurs années, elle bichonne ses fans avec un site web toujours plus riche en bonus, news et autres contenus en tout genre spécialement réalisés pour eux. C'est coloré, c'est court, c'est ludique et très franchement il est difficile de ne pas rester une bonne demie-heure sur ce site, pour s'imprégner de tout son contenu. Bref, le site de Tara Duncan / Sophie Audouin Mamikonian plaît et elle le rend bien à ses fans.

Le site de Sophie Audouin Mamikonian, consacré à Tara Duncan, est une véritable mine d'or.

Dans le genre, Sophie Audouin Mamikonian fait tout de même figure d'exception mais on ne peut pas nier que les auteurs se sont mis en ligne.
Ils sont de plus en plus nombreux, en France comme ailleurs, à posséder leur site personnel et à offrir la possibilité de leurs écrire directement : fini les courriers, voilà les mails ! Parce qu'être auteur ce n'est pas seulement écrire avec feuilles et stylos ( ça l'est de moins en moins même) : un auteur c'est moderne, ça utilise l'ordinateur, les mails et comme tout le monde ça va sur le web.
Certains préfèrent les blogs et annoncent leurs actualités au jour le jour avec une assiduité plus ou moins grande.
Dans tous les cas, pour les lecteurs c'est toujours un bonheur de découvrir ces pages et d'en apprendre un peu plus sur celui qui a écrit le livre qu'on a aimé, et sur l'écriture / l'histoire du livre même.
C'est sans doute pour ces mêmes raisons que les auteurs jeunesse ont investi, comme les éditeurs, le réseau social le plus plébiscité par les jeunes : Facebook. Arthur Ténor, Fabrice Colin, Sophie Audouin Mamiokonian, … les auteurs français commencent à venir sur le réseau et à fournir des actualités aux jeunes internautes.

Sur son blog, Arthur Ténor tient les internautes
au courant de ses actualités littéraires (publications, rencontres) et offre
la possibilité de lui écrire.

La page Facebook de Fabrice Colin a déjà son petit succès avec plus de 1000 personnes qui la suivent
Achevons ce petit tour d'horizon en évoquant l'arrivée de livres numériques pour adolescents depuis quelques mois.
Lorsque le livre devient numérique chez les adolescents...
 
Le Kindle a décidé de nombreuses personnes à lire des ebooks.
 
Depuis plus de sept siècles, le livre c'était surtout un petit pavé de pages blanches et une couverture. Parfois léger et petit, comme le livre poche, parfois énorme et lourd, tel le cinquième tome des aventures d'un sorcier dont on ne dit plus le nom.
Mais aujourd'hui, le développement des ressources numériques est tel que le livre pourrait bien prendre une tout autre apparence : c'est l'ère des tablettes (comme l'Ipad ou la Samsung Galaxy Tab) et des liseuses (comme le Kobo de Fnac, le Kindle d'Amazon...) qui débute et offre de nouvelles potentialités aux lecteurs mais aussi aux éditeurs et aux auteurs, laissant parfois les libraires traditionnels de côté...mais là c'est une autre question que Lirado n'évoquera pas dans ces lignes.
Pour en revenir au livre numérique, à "l'ebook" comme on dit pour faire plus court, plus "english", c'est d'abord un produit qui est vanté pour son côté le plus pratique : transporter en un minimum de place une bibliothèque complète...les gros lecteurs ont très vite compris l'utilité de ces nouveaux appareils technologiques qui ont allégé le poids des sacs ou des valises (pour ceux qui tente les vacances-lectures) et ont surtout mis fin au choix cornélien : je prends ce livre là ou ce livre là aujourd'hui ? pour les vacances ? Et Lirado est persuadé que certains vont se reconnaître tout de suite dans cette évocation...
Le premier éditeur à se lancer dans l'aventure du romans pour ados au format numérique fut Hachette Jeunesse. Il proposa à partir de Mai 2010, plus de 120 ouvrages à télécharger sur des librairies en ligne et à consulter ensuite sur tablettes, liseuses ou smartphones, au Royaume-Uni.
A une époque où le seul gadget à peu près abordable du moment était le smartphone, le pari était un peu risqué mais le résultat fut assez convainquant pour que la France et ses éditeurs décident de s'attaquer à la question.
Bien sûr, il a fallut attendre la démocratisation des prix des tablettes, liseuses et smartphones, en France pour que les éditeurs jeunesse se lancent dans ce nouveau projet.
L'engouement de la littérature ados au format numérique n'est clairement visible chez les librairies en ligne (telles qu'Amazon ou la Fnac) que depuis Janvier 2012, lorsqu'une petite quantité d'ouvrages a commencé à être proposée sous les deux formes.
Sans doute avez-vous ainsi pu remarquer au fil de vos recherches sur ces librairies en ligne, apparaître, au côté du traditionnel "format papier", sa version numérique, un poil moins cher...et au fur et à mesure des mois l'offre est devenue plus conséquente.


Sur Amazon, en tapant Hunger Games tome 3, on peut acheter l'ouvrage
au format broché (version papier) ou au format kindle (version numérique).
Le livre aura exactement le même contenu sous les deux formes.

Évidemment, comme ça, on donne l'impression que du jour au lendemain on est passé d'une dizaine à peine de romans ados au format numérique à des milliers. Dans la réalité ce n'est pas vraiment le cas et l'offre jeunesse est encore assez restreinte dans le domaine. Par une simple recherche sur Amazon, vous verrez que le nombre d'ebooks classés "jeunesse" est d'environ 3000 ouvrages, surtout des nouveautés et des best-sellers. Cela laisse bien sûr l'embarras du choix mais c'est encore un marché très pauvre, en comparaison avec le livre au format papier.
Parmi les éditeurs en tête de file, il y a bien sûr Hachette et Gallimard, mais les plus petits se sont également lancés dans l'aventure, à l'image du Rouergue. Sans oublier Pocket, Albin Michel Wiz, Nathan...
La question que tout le monde se pose aujourd'hui sur le livre numérique c'est bien sûr : est-ce que cela vaut le coup ?
Il est vrai qu'un livre, reste un livre et que les amateurs de ces (petits) pavés de feuilles ont bien du mal à faire une croix sur ce dernier. Car un livre c'est un objet à soi, que l'on peut traîner partout (à la plage comme dans son salon) sans se demander si on va le salir, le casser (essayez de vous imaginer avec une liseuse pleine de sable ou une tablette que l'on ne peut pas lire au soleil à cause de son écran rétro-éclairé...). C'est aussi un objet que l'on peut prêter, échanger et revendre (oui, ça arrive...) alors que pour le numérique, tout cela devient plus compliqué avec les verrous que posent les éditeurs, les vendeurs de tablettes et liseuses sur leurs ebooks...
C'est sûr d'un coup ça perd un peu de son charme : une tablette/liseuse blanche/noire et un écran...où sont passées ces couleurs lumineuses des couvertures, qui sont les premières à nous séduire lorsqu'on décide de prendre un livre plutôt qu'un autre ? Et le plaisir de tourner les pages est-il équivalent ? la lecture sur écran n'est-elle pas plus fatigante ?

Une tablette sur la plage c'est tout de même
un peu difficile car c'est fragile et ça ne supporte pas le soleil avec un écran retro-éclairé.

Le livre de poche a des atouts qui séduisent
les jeunes : petit, pratique et peu cher, il s'emmène partout sans que l'on veille
à ce qu'il soit protégé du sable...
Mais sur un point, les ados vont sûrement être sensibles : le prix. Alors oui, il faut acheter le dit appareil (tablette, liseuse, smartphone), oui c'est encore cher pour un simple "format PDF" (les débats sur la question sont nombreux) mais quand même, ça reste une réduction et les réductions, ça compte dans le porte-feuille d'un ado qui avec 20 ou 30 euros peut acheter parfois deux livres au lieu d'un...quand on dévore les ouvrages, ça vaut le détour de regarder de ce côté là..
Et puis, fait avéré ou pas, il semblerait que le livre numérique fasse revenir les jeunes et moins jeunes à la lecture : et oui, pas besoin d'aller en librairie ou en bibliothèque (ce lieu que les bibliothécaires trouvent de plus en plus désertés par les ados) pour se procurer un roman. Du coup, ça devient aussi simple que d'aller cliquer sur un "j'aime" de Facebook et ça, c'est vraiment "cool".

Hate List de Jennifer Brown proposé en ebook par Albin Michel Wiz sur Amazon.
Il est 11,99 euros en format numérique contre 15,20 euros en librairie.
La littérature pour ados qui passe au numérique, c'est une idée, une mode qui a de l'avenir. Un projet intéressant qui demande à se poursuivre, à devenir encore plus abordable aussi. En tout cas, l'offre s'étoffe chaque jour, chaque mois un peu plus et Lirado regarde les catalogues se remplir en se demandant : est-ce que les ados s'y sont mis ? pensent à s'y mettre ? et est-ce que cela aura un impact plus tard sur leur quantité de livres lus au court d'une année ?

En conclusion, la littérature pour adolescents a donc réussi à exploiter toutes les ressources que le web lui offre depuis ces deux-trois dernières années. Aujourd'hui les adolescents suivent les éditeurs, les auteurs et l'actualité de leurs livres favoris, au fil des jours via les sites, blogs et les réseaux sociaux.
L'arrivée de l'offre numérique de romans jeunesse pour tablettes, liseuses et smartphones est le dernier événement du moment dont l'avenir est encore à tracer.

RETOUR AUX DOSSIERS

 



 

 

 

 


© Lirado 2004 - 2014

Qui est Lirado ?

Lirado, webzine enregistré sous le numéro ISSN  2261-253X
Il y a 686 fiches de lectures de livres pour adolescents, 13 présentations d'adapations cinématographiques,
9 sélections de livres, 7 dossiers sur le monde du livre et 45 interviews d'auteurs sur Lirado.