La Maison des reflets de Camille Brissot

Age : 12 – 15 ans
Éditeur :  Syros jeunesse (2017)
350 pages

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Depuis 2022, les Maisons de départ ressuscitent les morts grâce à des reflets en quatre dimensions qui reproduisent à la perfection le physique, le caractère, et le petit je-ne-sais-quoi qui appartient à chacun. Les visiteurs affluent dans les salons et le parc du manoir Edelweiss, la plus célèbre des Maisons de départ, pour passer du temps avec ceux qu’ils aimaient. Daniel a grandi entre ces murs, ses meilleurs amis sont des reflets. Jusqu’à ce qu’il rencontre Violette, une fille imprévisible et lumineuse… Bien vivante.

Le thème développé dans La Maison des reflets est aussi intriguant que fascinant et tentant. Il faut dire que toute personne confrontée un jour au deuil peut se dire que l’invention de ces maisons offrant la possibilité de continuer à échanger et voir une personne pourtant morte, est une idée très attirante. Le pitch de La Maison des secrets a suscité ma curiosité et j’ai donc eu très envie de suivre Daniel, le jeune héros qui a grandi au sein d’une de ces maisons.

Daniel a quinze ans lorsque nous faisons sa connaissance. Du monde extérieur, Daniel ne connaît rien. Il suit des cours particuliers avec une gouvernante, Mme Elia et n’a jamais été tenté de sortir visiter la ville, préférant voyager à travers les décors proposés par la maison Edelweiss et discuter avec ses amis virtuels… Lorsque son père lui propose de réaliser son propre décor, Daniel se décide à sortir et c’est dans le monde des forains et de la fête foraine qu’il trouvera son inspiration et croisera la route de Violette, une adolescente lumineuse. Envoûtée par la jeune fille, il commencera à échanger avec elle des lettres qui l’amèneront à se questionner sur l’univers dans lequel il a grandi.

La Maison des reflets est un roman original à l’ambiance singulière qui m’a très rapidement enthousiasmé. L’histoire joue sur la frontière très mince entre réel et virtuel, autour d’un sujet qui nous touche. Comme dans tous romans d’anticipation, le lecteur est d’abord fasciné et convaincu de l’utilité de cette nouvelle invention et des possibilités offertes par les maisons de départ avant de découvrir peu à peu leur face cachée. Daniel nous entraîne aux limites de son univers et la lecture nous amènera à nous interroger sur notre rapport à la mort, notre façon de vivre un deuil et la place que nous accordons à cette étape finale de l’existence.

Si le deuil est le thème central du roman de Camille Brissot, il se conjugue aussi avec l’amour. La romance entre Daniel et Violette, lumineuse, conduira l’adolescent à sortir de chez lui, s’ouvrir au monde, aux autres et s’interroger sur sa réalité. Le lecteur se laissera conduire et suivra avec intérêt le parcours de Daniel, assistant chapitre après chapitre à sa transformation et à l’évolution de son regard sur son univers.  Au delà de l’histoire et des thèmes forts portés par La Maison des reflets, c’est aussi l’écriture de Camille Brissot, poétique et  imagée, qui m’a séduite. Le temps de cette lecture, je me suis totalement immergée dans le huis-clos de la maison Edelweiss et j’ai ressenti intensément toutes les émotions de Daniel. Attachant, j’ai parfaitement su me mettre à sa place, tout en assistant à une belle rencontre de deux êtres de papier…

En quelques mots :

La Maison des reflets interroge notre rapport à la mort et au deuil à travers d’étonnantes maisons de départ qui offrent la possibilité de continuer à voir et échanger avec les disparus. Daniel a grandi dans cet univers et l’apprécie au point qu’il ne le quitte jamais. Pourtant, sa rencontre avec la lumineuse Violette et la romance qui se noue au fil de leurs échanges épistolaires, l’amènera à explorer les limites de son monde. 
Camille Brissot signe un roman sur un sujet complexe. L’ambiance et le thème sont autant originaux et singuliers que l’histoire et l’invention des maisons de départ suscitent notre curiosité. Dans les pas de Daniel, adolescent attachant, nous ressentons toutes ses émotions et découvrons aussi ses interrogations. J’ai été fascinée et charmée autant par le déroulement du récit que par l’écriture poétique et imagée de Camille Brissot. 

A propos de Camille Brissot

Née le 5 octobre 1988 dans la petite ville de Romans (heureux hasard), dans la Drôme, Camille Brissot a commencé à écrire sitôt qu’elle a été capable de tenir un crayon, et depuis, cela ne s’est pas arrangé ! Après un certain nombre de tentatives infructueuses, son premier roman, Les héritiers de Mantefaule a été publié en 2005 aux éditions Rageot, alors qu’elle préparait son bac de français. Deux ans plus tard, elle intègre l’Institut d’Etudes Politiques de Lyon, ce qui lui a permis de suivre en parallèle un cursus sur les civilisations asiatiques et de partir étudier pendant un an à l’université d’Edimbourg, en Écosse. Elle vit à présent à Paris, où elle travaille dans la communication. Et elle continue, encore et toujours, à écrire…

http://camillebrissot.blogspot.fr/

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Un Commentaire

  1. Le roman est dans ma PAL et tu me donnes bien envie de le faire remonter 😉

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