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Lirado : Comment avez-vous créer le
personnage de Gaspard ?
Stéphane Daniel : Sans aucun
effort. De tous mes personnages, c'est sans doute celui qui s'est le
plus naturellement imposé. A croire qu'il attendait son heure
depuis longtemps, tapi derrière les autres. Dès que j'ai
eu le prénom, et il est arrivé dans les premières
lignes écrites, je le tenais. Et je ne le lâcherai pas.
J'ai écrit une sorte de pilote de Gaspard (je l'ignorais à
ce moment-là) qui prend la forme d'une nouvelle intitulée
"Piensa en mi" dans le recueil collectif "Parle-moi d'amour"
publié chez Rageot en 2004.
Lirado : Auriez-vous aimé ressembler
à Gaspard (mais peut-être est-ce un souvenir de vous même...)
? et quel côté vous plait-il chez lui, que vous n'avez
pas...?
Stéphane Daniel : Oui, mille
fois oui, j'aurais aimé lui ressembler. Lui et moi avons sans
doute des points communs mais parce que, me semble-t-il, il est bien
dans sa peau, c'est un garçon qui ose, sans trop se soucier des
réactions ou des sentiments qu'il inspirera. Je lui envie ça,
aujourd'hui encore.
Lirado : Vous prenez l'amour avec beaucoup
d'humour et de simplicité, pensez-vous que c'est ainsi que les
adolescents devraient l'envisager plutôt que de façon parfois
trop sérieuse ?
Stéphane Daniel : A l'âge
de Gaspard, j'ai abordé l'amour avec un sens du drame voire de
la tragédie très poussé. Mes premiers élans
ont baigné dans d'interminables plages de souffrances, en grande
partie parce qu'aimer s'accompagnait le plus souvent de l'expression
"à sens unique". Heureusement, le sorcier vaudou a
fini par arrêter de planter ses aiguilles dans la poupée
à mon image, et j'ai vécu des bonheurs intenses. Je ne
me demande pas comment les adolescents devraient aborder l'amour car
je sais depuis longtemps que chacun fait comme il peut avec ce qu'il
est. Ce qui rend les choses simples, c'est de vivre un amour partagé.
Avec Gaspard, j'ai tout de même fait un choix, celui de de raconter
une histoire d'humour, si possible sa plus belle histoire d'humour et
de préférer les éclats de rire aux éclats
de pire. J'ai eu pour ambition de rendre les lecteurs heureux, le temps
d'une lecture, et si le drame est présent, je ne lui ai pas réservé
le premier rôle.
Lirado : Si par hasard c'était l'amour est d'abord paru sous
le nom de Gaspard in love, en 2007, et n'avait pas de suite, avez-vous
écrit L'Amour frappe toujours deux fois suite au succès
de Gaspard in love ou envisagiez vous dés le départ une
suite ?
Stéphane Daniel : Gaspard
in love n'a pas connu les ventes espérées, mais un fort
succès d'estime auprès de lecteurs enthousiastes. Au sein
de la collection Métis, il n'a pas trouvé son lectorat.
Mais ces retours inconditionnels (je remercie encore tous ceux qui me
les ont transmis parce qu'ils ne savent pas à quel point ils
m'ont fait plaisir) alliés à mon envie féroce de
retrouver le personnage ont débouché sur une suite. Rageot
est alors entré en scène pour me proposer de redonner
une vraie chance à Gaspard en lui offrant, pour le premier titre,
une nouvelle couverture avec un nouveau format, et aux deux une publication
rapprochée. Je les bénis. Nous en sommes là.
Lirado : D'ailleurs, vous dîtes que
c'est une "trilogie en deux tomes" mais peut-on espérer
retrouver Gaspard dans un troisième opus ?
Stéphane Daniel : Je suis
le premier à le souhaiter, mais tout va dépendre de l'accueil
réservé aux deux premiers; Si le succès est au
rendez-vous, il y aura d'autres tomes avec Gaspard.

Lirado : Vous traitez l'amour, c'est un thème
assez courant chez les ados, mais on peut dire que vous ne l'aborder
pas comme les autres auteurs, que pensez-vous en général
des romans sur le sujet à destination des ados ?
Stéphane Daniel : J'en lis
beaucoup et j'en aime beaucoup. Seulement, on doit bien reconnaître
que dans l'ensemble, la tonalité général est plutôt
morose, pour ne pas dire déprimante. Beaucoup semblent conçus
comme des pansements à poser sur des problèmes. La gravité
des sujets abordés laisse peu de place à la fantaisie,
la légèreté. C'est au contraire l'option que j'ai
prise. Mais c'est un risque, car en littérature, on ne prend
souvent pas les comiques au sérieux. Je le regrette. J'espère,
dans les Gaspard, avoir créé des personnages qu'on a envie
de rencontrer quand le livre se referme.
Lirado : Auriez-vous aimer vivre les mêmes
péripéties que Gaspard, notamment : tomber en panne en
rase campagne et vivre des vacances à Folindrey ?
Stéphane Daniel : Fonlindrey
s'inspire d'un village de Bourgogne que je connais bien. Et j'ai déjà
vécu des situations similaires. Je m'en suis parfois servi pour
composer le roman.
Lirado : Gaspard Corbin à la langue
bien pendue et son ton est souvent ironique, parvenez-vous à
trouver tout de suite LES répliques qui font mouche et feront
rire le lecteur ou est-ce difficile de faire de l'humour ?
Stéphane Daniel : Il y a
plusieurs sortes d'humour et nous ne sommes pas tous sensibles aux mêmes.
L'ironie, qui règne en maître dans les Gaspard, je la pratique
au quotidien avec mes amis de toujours. Je subis donc un entraînement
permanent en prévision des Jeux Olympiques s'ils devaient se
dérouler un jour. Je dirais que c'est mon registre naturel, et
l'effort consiste pour moi à alléger la barque plutôt
qu'à la charger. Mon éditrice m'est une aide précieuse
dans cette opération. Alors non, ce n'est pas difficile pour
moi d'écrire ces livres, au contraire, je prends un plaisir fou.
Une seule angoisse l'accompagne : ces répliques feront-elles
mouche ? comme vous dites. Car je ne suis pas à côté
des lecteurs pour noter leurs réactions. Mais quand on me dit
qu'on a eu des crises de rire à tel ou tel passage, je suis le
plus heureux des auteurs.
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par hasard c'était l'amour & L'Amour
frappe toujours deux fois
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