Lirado : Depuis
quand écrivez-vous ? Qu'est-ce qui vous plaît
dans
l'écriture ?
Joël Ollivier : J'ai
commencé à écrire " le Choix
de Silla " il y a quatre ans à un moment
où j'avais besoin de " m'aérer la
tête ".
Il y a beaucoup de raisons qui me poussent à
écrire, il y en a des petites et des grosses,
mais j'avoue que j'ai un peu de mal à faire le
tri. Donc en voici quelques unes dans le désordre
:
- ça me permet de m'occuper l'esprit pour éviter
de ressasser en permanence les mêmes idées
noires sur la misère du monde :(
- ça crée de l'animation dans mon entourage
;
- je n'aime pas les super-héros qui se prennent
au sérieux, ça me plaît de proposer
des héros plus humains ;
- ça me permet de mettre mes convictions en pratique
au niveau du partage de la culture et de la connaissance
en général (cf. Creative Commons) ;
- je suis assez content de moi quand je regarde le résultat
;)
Lirado
: Enfant, quel lecteur étiez-vous ? Quel genre(s)
de livre préfériez vous ?
Joël Ollivier : Enfant
je lisais beaucoup et un peu de tout. Je lisais tous
les soirs une demi-heure avant de dormir.
J'ai commencé avec Oui-Oui, Tom-pouce, les collections
rose, verte, etc. Je me souviens aussi avoir piqué
à ma soeur toute la série des " Marquise
des anges " (je sais pas si c'est bon pour mon
image ça ;)), j'ai lu pas mal de Jules Verne,
puis les bob Morane, ensuite j'ai enchaîné
avec le fantastique et la science-fiction (en fait c'est
surtout les couvertures (genre Frazetta) qui m'appâtaient,
mais souvent je trouvais les histoires très compliquées),
je me rappelle avoir lu aussi Jack Vance (Le Didir,
le Pnume, etc.).
Lirado : Quelle(s)
expérience(s) tirez-vous de ce premier livre
?
Joël Ollivier : C'est
un peu comme pour la première question, je pense
que j'ai retiré plein de petites choses et c'est
un peu difficile des les classer par ordre d'importance.
- j'ai dû me poser pas mal de questions sur le
pourquoi et le comment j'allais mener à bien
mon projet livre (éditeur ou auto-édition,
le laisser en téléchargement ou pas, souscription)
;
- je me suis rendu compte que j'avais beaucoup d'amis
prêts à m'aider, m'encourager, etc.
- je me suis rendu compte que l'écriture c'est
comme la course à pieds, plus on s'entraîne
plus on s'améliore !
- j'ai mis le doigt sur certaines de mes propres contradictions
( ex : je prône plutôt la non violence et
pourtant il y en a quand même pas mal dans mes
romans ; j'écris pour me faire plaisir et pourtant
j'ai commencé par rechercher la reconnaissance
à travers les éditeurs)
Lirado : Comment
avez vous eu l'idée du cycle d'Alimar ? De quoi
vous êtes vous inspiré ?
Joël Ollivier : Cela
faisait un moment que l'idée d'écrire
un roman me trottait dans la tête. Il y a eu une
succession de petits évènements, d'expériences
et de pressions qui m'ont conduit à me lancer.
J'ai imaginé un début et une fin, j'y
ai réfléchi quelques temps et un jour
j'ai pondu une demi-page que j'ai immédiatement
montré à Jeannine (" ma " femme).
Ensuite tout s'est enchaîné.
Niveau inspiration, je ne sais pas trop... Je pense
que j'ai été inspiré plus par le
cinéma que par mes lectures. Les films qui m'ont
marqué : Conan (le premier seulement), Alien,
Highlander (le premier), Blade runner. Braveheart.
Lirado : Depuis
quand l'écrivez vous ? était-ce une fois
tous les jours, ou de temps en temps ?
Joël Ollivier : Je
l'écris (le cycle) depuis quatre ans, "
Le Choix de Silla " m'a pris un an, " Les
coeurs jumeaux d'Alimar " m'a pris un an aussi
(il est à la correction : Jeannine et Évelyne
travaillent dessus), je me suis documenté depuis
l'été pour " Le treizième
oeuf " et j'ai commencé à l'écrire
depuis le début de l'année.
Quand je suis lancé j'écris presque tous
les jours, mais je fais des pauses entre les bouquins.
Parfois je dois aussi m'interrompre pour d'autres raisons
(relire et corriger (style, cohérence) un précédent
bouquin, attendre les retours de mes premier lecteurs
(du manuscrit), bâtir le site, faire imprimer
et écouler le stock, etc.)
Lirado : Comment
avez-vous créé les personnages ? était-ce
facile ?
Joël Ollivier : Pour
les personnages secondaires, j'essaie de poser quelques
traits de caractère, quelques détails
physiques et je laisse l'imagination du lecteur faire
le reste. Pour les personnages principaux, en l'occurrence
les héros, je fais à peu près pareil,
mais leur personnalité s'affine au cours de l'histoire
par ce qu'ils disent, qu'ils font, ce qu'ils vivent.
J'en ai une image dans la tête, j'essaie de la
transposer dans le roman. Ex : Broncos un peu chambreur,
bon sens, soucieux de son apparence -> plaisante,
synthétise, se vexe, parle beaucoup de façon
imagée ; Débyan : naïf, idéaliste,
courageux -> hésite, cherche, affronte sa
peur , parle peu en général, pose des
questions.
Lirado : De
même pour le monde d'Alimar ?
Joël Ollivier :
Pour " Le Choix de Silla ", je suis resté
évasif sur Bercigore (l'école que j'imagine
un peu comme un monastère) et Sarlin (dont j'ai
surtout décrit les remparts et l'auberge de cette
fripouille de Téniel). L'essentiel se passe dans
la forêt (genre Brocéliande pour la forêt
maudite en général, genre équatoriale
pour le territoire des War'sons).
Pour la suite (" Les coeurs Jumeaux d'Alimar ")
il a fallu que j'étende l'univers : autour de
Sarlin et de la forêt maudite ( Goluth, Vargas),
mais aussi il a fallu que je précise la patrie
d'origine de Broncos (la Coridonie), les légendes,
les dieux, etc.
Je me documente dans les bouquins genre imageries pour
les ados (les vikings, pirates, châteaux forts,
le moyen âge, etc.). Pour le dernier (le treizième
oeuf) j'ai dû aller un peu plus loin (je me suis
tapé des bouquins plus costauds sur les croisades
et l'art de la guerre).
Lirado : Que raconteront les tomes 2 et 3 ?
Joël Ollivier : Dans
le tome 2 on retrouve Broncos et Débyan trois
ans plus tard, chez les Waskiidi. Débyan se rend
compte qu'il a des dons hors du commun (vu qu'il croit
avoir vaincu Bolzoc). Il se demande comment il pourrait
en faire profiter le monde et pourquoi c'est tombé
sur lui. Broncos veut trouver une compagne pour Débyan
car il voit bien que si lui il a Marilia, le pauvre
Débyan ne trouvera pas son bonheur au village.
Donc les voilà qui se remettent en route...
Dans le tome 3 on continue l'aventure avec Broncos,
Débyan et les autres personnages qui sont apparus
en cours de route et n'ont pas connu un destin trop
tragique. On précise précise le pourquoi
du comment de ce qui s'est passé dans les tomes
précédents et on clôture l'histoire
en beauté !
Lirado : Que pensent vos lecteurs de votre livre
?
Joël Ollivier : C'est
difficile de répondre à cette question
sans paraître prétentieux ou faire preuve
de fausse modestie. J'ai surtout des retours de la part
de ceux qui ont aimé :) J'ai beaucoup de lecteurs
qui sont impatients de connaître la suite. Souvent
les parents achètent " Le choix de Silla
" et les enfants se l'approprient. Sous toute réserve
:)), il semblerait que mon style rappelle Terry Prattchett
ou Troll de Troy, l'histoire est jugée facile
à lire (il faut tout de même être
concentré pour saisir le dénouement).
J'ai cherché à imaginer une histoire cohérente
avec un peu d'humour par-ci par-là. Quand on
me dit que mon roman est plaisant ça suffit à
mon bonheur.
Lirado
: Et vous, que ressentez-vous dans le fait d'avoir enfin
un livre écrit par soi entre les mains ?
Joël Ollivier : C'est
super trop méga top ! :)))
Je suis content de moi et de tous ceux qui m'ont aidé.
Lirado
: Qui a réalisé les cartes qui illustrent
le livre ?
Joël Ollivier : C'est
moi qui les ai faites :) avec un logiciel libre qui
s'appelle InkScape et un autre qui s'appelle AutoRealm
(au départ).
Lirado : Quels sont le(s)
coté(s) qui vous plaisent le plus dans chacun
de vos personnages principaux ?
Joël Ollivier : J'ai
un faible pour Broncos.
Je crois que Débyan et Broncos sont proches de
ma personnalité, ils sont quelque part entre
ce que je suis et ce que j'aurais aimé être.
Lirado : Enfin avez-vous des
conseils pour ceux qui souhaiteraient écrire
?
Joël Ollivier : Personnellement
j'ai lu le livre de Stephen King " Écriture
" avant de me lancer.
J'en ai retenu deux choses :
1) On n'est pas obligé de faire des descriptions
hyper-précises (lieux, personnages, etc.), on
peut se contenter de " tracer quelques contours
", l'imagination du lecteur fera le reste...
2) On n'est pas obligé d'avoir un plan hyper-précis
: c'est bien d'avoir une trame (un début, une
fin, une quinzaine de page A4 de plan) et ensuite imaginer
au fur et à mesure. Par exemple il se peut très
bien qu'on imagine une situation ou un personnage qui
nous plaît beaucoup en cours de route, un plan
trop rigide ne nous permettrait pas de les placer.
Pour le reste je peux parler de la façon
dont je m'y prends et répondre sur les questions
d'intendance (auto-édition, licence, mise en
forme, logiciel, site, etc.), il suffit de me joindre
par mon site : http://www.cycledalimar.org/