Interview
: Jean-Claude Mourlevat
Réalisée
en Janvier 2007
Sur son livre : Le
Combat d'hiver

Lirado
: Comment l'écriture de Le
combat d'Hiver s'est déroulée
?
Jean-Claude Mourlevat :
Elle a duré plus d'un an, c'est inhabituellement
long pour moi. J'ai avancé dans l'histoire
sans plan établi et j'en ai ignoré l'issue
presque jusqu'au bout.
Lirado
: Pourquoi
avoir choisi de mettre surtout en avant Helen pour
le regard sur l'histoire ? N'avez-vous pas eu peur
d'avoir un personnage prenant le pas sur les autres
?
Jean-Claude Mourlevat :
Helen est le personnage le plus proche
du lecteur c'est vous et moi. On en a besoin dans
ce roman. Elle ne prend pas le pas sur Milena et Bartomoméo
qui sont de vrais héros, eux.
Lirado
: Quels
sont les côtés qui vous plaisent le plus
dans chacun de vos personnages principaux ?
Jean-Claude Mourlevat :
Helen : l'humanité. Milos : la vitalité.
Bartoloméo : le mystère. Milena: la
grâce.
Lirado
: Vous êtes-vous aidé d'autre écrits
? si oui, lesquels et en quoi vous ont-ils inspirés
?
Jean-Claude Mourlevat :
Je ne me suis aidé d'aucun document en
particulier.
Lirado
: Quels sont les autres éléments qui
ont motivé votre écriture ?
Jean-Claude Mourlevat :
Le désir d'écrire un texte plus long
que les précédents, et qui tienne compagnie
au lecteur plus longtemps.
Le désir de donner le premier rang à
des personnages féminins.
Lirado
: Aviez-vous un
message à faire passer avec Le
combat d'Hiver ?
Jean-Claude Mourlevat :
Je suis préoccupé par la lutte entre
la culture (ou l'art) et la barbarie.
Lirado
: J'ai eu l'impression que la réaction du peuple
de votre "monde" face à un unique
chant allait un peu trop vite et était très
suprenante. Pourquoi avoir fait le choix que ce simple
élément suffit à revigorer la
résistance, jusque là presque dissoute
?
Jean-Claude Mourlevat :
Nous sommes dans une fiction romanesque, pas dans
l'histoire. Et je crois à la force des symboles,
à leur capacité d'entraînement.
La voix de Milena est le déclencheur d'un mouvement
qui couvait.
Lirado
: Pourquoi n'avoir donné aucun nom au "monde"
que vous avez créé ? Est-ce une évolution
futur que vous imaginez de la France ?
Jean-Claude Mourlevat :
Je n'ai jamais pensé à la France. Nous
sommes plutôt en Europe centrale.
Ne pas nommer le pays donne au récit une valeur
plus générale. L'enjeu est au delà
des nationalités et des frontières.
Lirado
: La chanson
du livre est-elle de vous ? Pouvez-vous nous
l'expliquer ?
Jean-Claude Mourlevat :
Elle est de moi. Il n'y a rien à expliquer.
Elle porte un mystère, dans sa naïveté.