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Interview
: Loic Le Borgne
nous parle
de sa trilogie : Les enfants d'Eden
réalisée en Octobre 2006

Lirado : Quel(s)
est/sont le(s) personnage(s) qui est/sont venu(s)
en premier ? le(s)quel(s) préférez-vous
?
Loic Le Borgne
: Ce n'est pas Marine, contrairement à
ce quon pourrait penser. Je voulais un équipage
pirate, errant dans l'espace. Je voulais m'inspirer
à la fois des pirates "historiques"
des XVIIe et XVIIIe siècles, mais aussi aller
plus loin en imaginant des êtresqui n'existent
pas aujourd'hui. Lady Blue, la navigatrice stellaire,
est née dès le départ. J'ai griffonné
un croquis sur le bateau qui allait à l'île
de Groix, en 2002. Je voulais créer un être
marin voguant au coeur de l'espace, pour lier le thème
de l'océan à celui des étoiles.
Elle sappelait alors Sea Dream. J'ai aussi imaginé
le capitaine Orca ce jour-là, Tige, et Clip
et Glic.
Mon personnage préféré,
c'est Marine. C'est la plus attachante pour moi, et
celle qui évoluera sans doute le plus, car
elle change, grandit, apprend. C'est un peu une petite
soeur, dont j'observe les faits et gestes.
Parmi ses compagnons, j'ai une affection
particulière pour Tige, discret mais efficace,
et qui pourrait bien avoir un rôle essentiel
plus tard... Monster est aussi très attachant.
Il fonce dans la bataille parce qu'il est doué
pour cela et que ses amis ont besoin de lui, mais
au fond il préfère entretenir ses plantes
dans la serre de l'Epaulard. C'est peut-être
un cousin éloigné (dans le temps et
l'espace) d'Obélix...
Lirado : De quoi vous êtes
vous aidé pour écrire votre trilogie
?
Loic Le Borgne
: J'ai trois sources écrites. D'abord,
des documents, des récits sur les pirates qui
écumaient jadis les mers. Ensuite, des livres,
des magazines de vulgarisation scientifique sur l'espace,
les nouvelles technologies, les découvertes
scientifiques. Enfin, je lis des romans d'aventure
du XIXe ou du XXe siècle. J'évitais
en fait de lire de la science-fiction de type space
opéra lorsque j'écrivais la trilogie,
de peur de tomber sur des idées que je m'apprêtais
à glisser dans une scène! Les souvenirs
de mes voyages, ou des reportages télévisés
sur des endroits perdus du Monde, me sont très
utiles pour décrire les planètes, les
peuples, leurs coutumes.
Lirado : Quel(s)
est/sont le(s) passage(s) que vous avez préféré
écrire ?
Loic Le Borgne
: L'ouverture du tome 1, lorsque Marine
observe les vaisseaux depuis la coursive de Station
Cézembre, puis les scènes de l'enlèvement.
J'ai également vibré lorsqu'un personnage
important meurt dans le tome 2, quand Marine en apprend
plus sur sa mère, ou lors des scènes
finales du tome 3. Mais en réalité,
je prends toujours beaucoup de plaisir à écrire
les scènes. Parfois je me pose cette question:
"aurais-tu aimé cette scène à
13 ans?" Si la réponse est "pas tout
à fait", je décide de revoir la
copie, d'aller plus loin, de trouver une meilleure
idée. Je veux que chaque scène me fasse
vibrer, et la terminer en me disant "ce chapitre,
j'aurais aimé, et jai aimé le
lire!"
Lirado :
Quels sont les côtés
qui vous plaisent le plus chez Marine ?
Loic Le Borgne
: Son obstination, la manière dont
elle sait attendre le bon moment. Elle se tait souvent,
observe, puis parle et agit en général
quand il le faut. Elle a aussi une très grande
sensibilité, mais ne dévoile pas facilement
ses sentiments.
Lirado : Comment avez-vous procédé
pour l'écriture de la trilogie ? Quelles difficultés
avez-vous rencontré ?
Loic Le Borgne
: Jai écrit la trilogie comme
sil sagissait dun seul et même
roman, mais divisé en trois parties. Je lai
donc écrite dune traite. Ensuite, il
a fallu glisser des piqûres de rappel pour relancer
lintérêt du lecteur, pour lui rappeler
des faits quil avait peut-être oubliés,
car pour lui laventure sétend sur
un an, entre la parution du premier et du troisième
tome. Enfin, il a fallu réduire de 20 % environ
la longueur du manuscrit original pour accélérer
le rythme du récit et raccourcir des descriptions.
Des scènes entières ont été
remaniées, deux personnages supprimés.
Cet exercice ma permis de conserver des scènes
inédites, ou une encyclopédie complète
pour le site internet, qui a été conçu
comme un véritable complément au livre,
avec beaucoup de bonus pour les lecteurs passionnés.
Ce nest pas une simple vitrine.
Lirado : Aviez-vous un message
ou un but dans votre trilogie ?
Loic Le Borgne
: Oui, mais en parler reviendrait à
révéler beaucoup de choses. Jai
des buts précis, mais je préfère
garder le secret. Disons que laffrontement entre
ceux qui rêvent du mythique Monde bleu et ceux
qui préfèrent maintenir le système
des Puissances stable va aller crescendo.

Lirado :Qu'est-ce
qui vous plait dans la science-fiction au point d'avoir
achevé dés la sixième un roman
dans le genre ?
Loic Le Borgne
: Je vais répondre par une banalité:
le futur ouvre grand les portes de limaginaire.
Jaime dailleurs aussi les romans daventure,
et les romans fantastiques, qui ont cette même
capacité. Il ny a aucune limite à
ce que lon peut concevoir, dautant que
plus le temps passe, et plus les découvertes
scientifiques semblent supplanter tout ce qui avait
pu être imaginé. Et puis, songer au futur,
cest bien sûr réfléchir
à notre présent.
Lirado :Qu'est-ce
qui vous plait le plus dans les dessins que Manchu
a réalisé pour la trilogie ?
Loic Le Borgne
: Il a réussi, je crois, à
dessiner des vaisseaux, comme lEpaulard, en
partant danimaux marins, et non des vaisseaux
rappelant vaguement ces animaux. Du coup, lanimal
nous saute aux yeux, mais il sagit bien dun
vaisseau. Il est fidèle en cela aux ingénieurs
pirates qui, dans le récit, ont conçu
ces vaisseaux. Il sagissait pour eux dun
hommage à ces animaux disparus, au Monde bleu
envolé. Par ailleurs, les croquis de Marine
en gros plan, visibles sur le site internet, correspondent
précisément à lidée
que je me faisais du personnage.
Lirado : Avez vous, pour finir,
des petites astuces personnelles pour l'écriture
?
Loic Le Borgne
: Jécris souvent (mais ne
corrige jamais) en musique, avec un casque sur les
oreilles. Et je choisis en général mes
musiques en fonction du rythme, de latmosphère
de la scène que jai en tête. La
musique me libère pour me lancer, me fait oublier
la crainte du blocage.
Avant décrire une scène,
jy songe beaucoup, y compris la veille en
mendormant. Jessaie de visualiser le
décor, de réfléchir à
ce que les personnages vont dire ou ressentir, mais
sur ce point jai souvent des surprises. Les
pirates ne se laissent pas manipuler facilement
 
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