Lirado : C'est votre premier
livre destiné à la jeunesse, qu'est-ce
que ça fait de changer de public ? Pourquoi seulement
maintenant ?
Christian
Laborde :Ai-je changé de public ? Me suis-je
jamais posé la question du public? J'ai simplement
eu envie d'écrire un roman dont le héros
est un adolescent. Un adolescent d'aujourd'hui.
Lirado :Quel
a été le moteur de l'écriture ?
Christian
Laborde :
L'envie de me mettre dans la peau d'un adolescent, d'un
ado que l'école massacre. Car l'école
est un lieu de massacre. Il faut le dire. Et l'écrire.
C'est fait.
Lirado :Pourquoi
avoir choisit un lieu imaginaire ?
Christian
Laborde :
Il y a la montagne, la vallée, la forêt.
Il y a tout ce que l'on peut rencontrer dans divers
endroits de l'Europe et de la planète. J'entretiens
un lien étroit avec la nature. J'aime sa beauté
et son indifférence. Et j'aime l'ours que dans
les contes populaires européens on appelle "Grand-père".
L'homme ne descend pas du singe: il descend de l'ours.
Et ce qui arrive à l'ours aujourd'hui arrivera
à l'homme demain.
Lirado :Comment
avez-vous procédé pour définir
votre personnage principal et les secondaires ?
Christian
Laborde :
J'ai suivi Oscar. C'est lui le patron dans cette histoire.
Je l'ai suivi, et j'ai suivi les mots. Un ecrivain ne
gouverne pas les mots: il est gouverné par eux.
Je me souviens de la phrase d'André Breton: "
Après toi, mon beau langage!" Il faut laisser
faire les mots. Il faut laisser vagabonder son imagination.
Lirado :Quel(s)
est/sont les côtés qui vous plaise le plus
chez Oscar ?
Christian
Laborde :Sa révolte. Son désir de trouver sa
route. Sa fidélité à ce frère
qu'il a perdu. Son imagination.
Lirado :Quels
sont les passages que vous avez le plus aimés
écrire ?
Christian
Laborde :
Les e-mails entre Oscar et Angelina. Car j'aime les
histoires d'amour.
Lirado :Aviez-vous
une intention particulière avec Pension Karlipah ?
Christian
Laborde : Je
savais en l'écrivant que je tirerai à
boulets rouges sur l'autoritarisme, l'égoïsme
des profs et des adultes, le formatage. Je savais que
Pension
Karlipah célèbrerait, d'une
manière ou d'une autre, la liberté, la
solitude, la nature, et la douceur d'Angelina.