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Interview : Christian Laborde
Réalisée en Juin 2007
Sur son livre : Pension
Karlipah

Lirado : C'est votre premier livre destiné
à la jeunesse, qu'est-ce que ça fait de changer de public
? Pourquoi seulement maintenant ?
Christian Laborde : Ai-je changé
de public ? Me suis-je jamais posé la question du public? J'ai
simplement eu envie d'écrire un roman dont le héros est
un adolescent. Un adolescent d'aujourd'hui.
Lirado : Quel a été le moteur
de l'écriture ?
Christian Laborde : L'envie de
me mettre dans la peau d'un adolescent, d'un ado que l'école
massacre. Car l'école est un lieu de massacre. Il faut le dire.
Et l'écrire. C'est fait.
Lirado : Pourquoi avoir choisit un lieu imaginaire
?
Christian Laborde : Il y a la
montagne, la vallée, la forêt. Il y a tout ce que l'on
peut rencontrer dans divers endroits de l'Europe et de la planète.
J'entretiens un lien étroit avec la nature. J'aime sa beauté
et son indifférence. Et j'aime l'ours que dans les contes populaires
européens on appelle "Grand-père". L'homme ne
descend pas du singe: il descend de l'ours. Et ce qui arrive à
l'ours aujourd'hui arrivera à l'homme demain.
Lirado : Comment avez-vous procédé
pour définir votre personnage principal et les secondaires ?
Christian Laborde : J'ai suivi
Oscar. C'est lui le patron dans cette histoire. Je l'ai suivi, et j'ai
suivi les mots. Un ecrivain ne gouverne pas les mots: il est gouverné
par eux. Je me souviens de la phrase d'André Breton: " Après
toi, mon beau langage!" Il faut laisser faire les mots. Il faut
laisser vagabonder son imagination.

Lirado : Quel(s) est/sont les côtés
qui vous plaise le plus chez Oscar ?
Christian Laborde : Sa révolte.
Son désir de trouver sa route. Sa fidélité à
ce frère qu'il a perdu. Son imagination.
Lirado : Quels sont les passages que vous
avez le plus aimés écrire ?
Christian Laborde : Les e-mails
entre Oscar et Angelina. Car j'aime les histoires d'amour.
Lirado : Aviez-vous une intention particulière
avec Pension Karlipah ?
Christian Laborde : Je savais en
l'écrivant que je tirerai à boulets rouges sur l'autoritarisme,
l'égoïsme des profs et des adultes, le formatage. Je savais
que Pension Karlipah célèbrerait, d'une manière
ou d'une autre, la liberté, la solitude, la nature, et la douceur
d'Angelina.
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