Fabrice Colin : L'envie
d'écrire sur la question du génocide -
très vite couplée à celle d'imaginer
une histoire se passant dans un pays de l'Est. Le thème
et son cadre étaient nouveaux pour moi.
D'une manière générale, j'essaie
toujours d'explorer des territoires inédits,
de me lancer des défis.
Lirado : Qu'est-ce qui vous
plait dans les romans d'Anticipation ?
Fabrice Colin : En
parlant du futur, on parle évidemment du présent.
Dorénavant, je préfère travailler
la matière temporelle que la matière spatiale.
Inventer des mondes : je me suis souvent livré
à cet exercice en fantasy lors de mes premières
années d'écriture. Mais se fixer un horizon
et essayer de remplir la zone ainsi délimitée
me passionne désormais beaucoup plus.
Lirado : Quels passages avez-vous
aimé écrire ?
Fabrice Colin : J'essaie
de faire en sorte de tout "aimer" quand j'écris
mais certains passages sont plus chers à mon
coeur. Le moment où Pavel patiente dans sa famille
d'accueil et découvre au contact d'une jeune
fille qu'il est toujours doué de sentiments ...
Je me sentais bien dans ce passage. C'est la "parenthèse
enchantée" du roman.
Lirado : Quel est le caractère
que vous préférez chez Pavel ?
Fabrice Colin : Son
courage. Il prend acte d'une situation et va de l'avant,
sans se lamenter sur son sort.
Lirado : Si vous aviez été
dans le même cas que Pavel, comment auriez-vous
réagit ?
Fabrice Colin : Impossible
à dire. C'est d'ailleurs une question très
intéressante parce qu'une situation de crise
extrème peut révéler chez nous
des traits de caractères dont nous ignorions
tout jusqu'alors - dans un sens comme dans l'autre.
J'aime évidemment à penser que je me serais
comporté comme Pavel. Mais les héros de
fiction que nous inventons existent souvent pour accomplir
ce que nous serions incapables de faire par nous-mêmes.
Lirado : Aviez-vous un message
avec Memory Park
? si oui, lequel ?
Fabrice Colin : Je
n'ai jamais de message à faire passer dans mes
romans. Disons qu'ici, Pavel écrit pour transfigurer
sa douleur. C'est tout ce qui importe.
Lirado : Vous êtes-vous
inspiré de d'autres textes ?
Fabrice Colin : Non.
Un livre qui s'appelle "Rêver sous le 3e
Reich" m'a fourni la citation finale. Et j'ai parcouru
un essai sur le traitement des génocides en littérature,
mais c'est tout.