Interview : Robinson Wells sur Les Variants

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Lirado : Comment avez-vous eu l’idée de ce livre ?

Robison Wells : C’était un défi. En fait on était au printemps 2009 et j’étais au chômage après avoir fini l’université. Je ne trouvais pas de travail dans les études de markéting que j’avais fait et je voulais juste en trouver un, n’importe où. Mon frère, Dan Wells (un auteur également) m’a présenté a un éditeur qui ne publiait que deux types de romans : des romans de science-fiction et des romans de fantasy. J’avais deux mois pour écrire le roman et mon frère m’a dit : Au travail !
Au départ la seule idée que j’avais c’était que je voulais écrire un livre avec des adolescents qui n’avaient pas de parents, ni d’adultes pour s’occuper d’eux. Du coup, je me suis dis, s’il n’y a pas d’adultes, qui a le pouvoir, qui s’occupe de la nourriture, qui fait à manger, … ? toutes ces choses dont les adultes ont la charge. Du coup j’ai imaginé ce système où les enfants sont au coeur et où ils sont en charge du collège avec des règles à respecter et des travaux à faire. Cela m’a ensuite amené à imaginer les gangs et tout l’histoire qui en découle.

Lirado : Comment avez-vous eu l’idée des androïds ?

Robison Wells : Je voulais écrire une histoire autour de la paranoïa et j’étais aussi à la recherche d’un méchant. Je trouvais que ça pourrait être intéressant que les méchants soient à l’intérieur même de l’école. Aussi, dans mon premier brouillon les androïds sont apparus comme les méchants idéals, que les lecteurs pouvaient reconnaître rapidement comme tels. Je voulais aussi quelque chose qui dépasse l’entendement, qu’on ne peut pas croire. En fait j’aimais surtout le concept. Pour moi, il y a trois sortes de méchants dans ce livre. Tout d’abord, il y a les méchants de l’école qui sont peu sympathiques mais ne font rien de trop horrible. Puis vous avez les méchants dans les gangs qui le sont surtout pour défendre leur territoire. Enfin vous avez les androïds qui sont un mal similaire au film Les Dents de la mer. En effet, dans ce film, on ne sait pas qui est le méchant tant qu’on ne l’a pas vu et les androïds fonctionnent sur le même principe. Quand on les découvre c’est vraiment une révélation choc pour le lecteur qui se dit : « Mon Dieu qu’est-ce qui se passe ici ?! » A partir de ce moment là, pour Benson il devient impossible de croire qui que se soit. Benson est de plus le seul à avoir fait cette découverte et il se retrouve seul avec ce secret car il ne peut même pas avoir confiance en Mason, son ami. Mais il y a différentes choses que je trouve intéressantes : en effet, il y a deux scènes où il s’exprime de façon très ouverte à Isaiah, qu’il considère comme le pire leader des trois gangs. Benson lui explique qu’il voulait venir dans cette école pour mettre fin à une vie où il n’avait pas d’amis mais au final…

Lirado : Quel est le passage que vous avez le plus aimé écrire ?

Robison Wells : Ce n’est pas un passage mais plutôt un personnage, celui d’Isaiah : j’ai aimé écrire autour de sa personnalité, sa philosophie. C’était sympa d’écrire sur lui parce qu’il veut toujours donner du sens aux choses, du sens à l’existence des gangs notamment. Lorsque j’étais en train d’écrire sur Isaïah il donnait aussi du sens à l’histoire. Donc c’était vraiment génial d’être dans sa tête et d’essayer de comprendre pourquoi il est ce qu’il est.

Lirado : Et à l’inverse, quel est le passage ou les passages qui ont été difficiles à écrire ? 

Robison Wells : Tous les chapitres où Jane et Benson sont ensembles (il y en a deux). Tout d’abord le moment où Jane explique à Benson ses motivations pour rester à l’école. Lorsqu’elle lui explique donc à quel point ils peuvent vivre une belle vie ensemble à l’école en respectant les règles, ce qui est difficile car Benson (et le lecteur) ne pense pas du tout la même chose. Et puis, je m’étais attaché autant que vous, le lecteur, au personnage de Jane et pourtant j’ai du la tuer. Pour Benson (et le lecteur) c’est aussi très difficile parce qu’il découvre que Jane n’est pas celle qu’elle dit être mais un androïd. Du coup je pense que ces deux chapitres ont été les plus durs à écrire pour moi même si en même temps ce sont les meilleurs passages du roman, à mon avis.

Lirado : J’ai lu que vous n’aviez pas l’intention d’écrire un troisième livre alors que beaucoup l’espérait, mais pouvez-vous nous en dire plus sur l’avenir de Mr Maxfield, des collégiens…

Robison Wells : Oui c’est possible de vous en dire plus même si j’adore le mystère. Je peux vous donner quelques indices. Un indice serait que Mr Maxfield est la chose dans le tank et avec Mrs Vaughan ils ont vraiment fait de nombreuses tentatives pour donner vie aux androïds et les intégrer dans la société et c’est aussi pour ça qu’il a kidnappé les filles du président. Mais comme on l’apprend aussi, Mr Maxfield est une très vieille version d’androïd et il n’essaye pas ses expériences uniquement sur les adolescents du collège mais également sur des adultes dans d’autres endroits. En fait, il y a bien plus de personnes comme Mr Maxfield qui participent au développement d’androïds adultes et adolescents.
Quoi d’autre ? … je vais vous donner un scoop, il y a quelque part des créatures comme Maxfield qui reproduisent les huit ou dix endroits les plus peuplés de la planète et qui ont des cultures différentes. En fait, il s’agit de reproduire le plus de cultures et de populations différentes, possible. Si vous allez en Amérique vous rencontrez chaque fois des personnes très différentes mais lorsque vous allez parfois ailleurs, vous voyez surtout des personnes toutes très semblables. D’où ce désir de faire un ensemble avec le plus de cultures différentes.

Lirado : Mr Maxfield m’a un peu fait penser à Dark Vador, est-ce que c’est une source d’inspiration ?

Robison Wells : Non pas vraiment, j’ai plus pensé au personnage qu’Albert Finney incarne dans la trilogie Jason Bourne de Robert Ludum (adaptée au cinéma) : le Dr Albert Hirsch

Lirado : Est-ce que vous aimeriez voir vos livres adaptés au cinéma ?

Robison Wells : J’adorerais. Un producteur avait mis une option sur les droits à la sortie du livre durant 18 mois mais le temps s’est écoulé et l’option n’a pas été renouvelée.

Lirado : Est-ce que vous vous attendiez à être traduit en France et qu’est-ce que cela fait ?

Robison Wells : C’est vraiment super, je ne m’attendais à rien de tout ça et c’est vraiment sympa d’être populaire, c’est même fantastique. Et puis ça me donne de l’argent (rires). Non, sérieusement, c’est le meilleur.

Lirado : Dans quelles conditions écrivez-vous ?

Robison Wells : J’écrivais le plus souvent à la maison mais je trouve que c’est trop distrayant : il y a la télévision, les enfants…Donc actuellement je loue un bureau où il n’y a que des avocats à part moi : comme eux j’ai mis mon nom sur la porte. Mais contrairement à eux, personne ne vient jamais me voir. Ainsi je peux être plus professionnel car quand j’arrive au bureau je suis totalement concentré sur mon travail et je ne suis pas distrait par quoi que se soit.
De plus, j’ai une chienne et elle vient avec moi. C’est une chienne utilisée pour les thérapies. Elle m’aide et elle est vraiment fantastique. Elle vient tous les jours avec moi. Du coup j’écris très vite en ce moment. Le printemps dernier j’ai écris un premier jet de mon prochain livre en 11 jours !

Lirado : Enfin, est-ce que vous avez des conseils pour les jeunes écrivains ?

Robison Wells : Le meilleur conseil que j’ai est celui que j’ai reçu en premier de la part de mon frère Dan Wells, également écrivain. Il a fait des études différentes de moi et il écriit beaucoup et très « sérieusement ». Quand je lui ai dis que j’avais une idée pour un livre il m’a dit : »fais-le ! »
Il m’a aussi donné un autre très bon conseil. Il m’a ainsi dit : « tout le monde a une idée pour un livre et a envie d’écrire un livvre, et tout le monde dit qu’un jour il s’assiera et le fera mais seul un auteur le fait ! »
Mon frère se donne un acronyme : BICHOK ce qui signifie « Butt In Chair, Hands On Keybors » (les fesses sur la chaise, les mains sur le clavier » et là le travail le plus dur est fait ! N’est-ce pas le meilleur conseil ?

Pour marque-pages : Permaliens.

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