Interview : Nathalie Le Gendre sur Les Orphelins de Naja

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Lirado : Comment vous est venue l’idée de cette histoire ?

Nathalie Le Gendre : Je ne fais que piocher dans la réalité de ce monde, car souvent elle me révolte, alors je la traite dans mes romans pour sensibiliser les lecteurs. Il faut savoir regarder autre chose que son nombril.

Lirado : Pourquoi avoir voulu aborder le thème de la pédophilie ? des enfants soldats ? Quel message souhaitiez-vous passer ?

Nathalie Le Gendre : J’ai juste voulu montrer mon indignation face à la manipulation des plus faibles. Quand on a conscience que de telles horreurs existent, on peut relativiser ses malheurs et se dire qu’il y a pire, ne serait-ce que près de nous. Si d’autres arrivent à s’en sortir, on est aussi capable d’y parvenir.

Lirado : Pourquoi aborder ces sujets dans un monde futuriste alors que bien présent aujourd’hui déja ?

Nathalie Le Gendre : La SF permet de traiter n’importe quel sujet tout en laissant au lecteur la possibilité de s’évader malgré la lourdeur des thèmes. Cela reste donc un roman où l’on prend plaisir à lire et où on accepte d’aborder ce qu’on refuserait de voir ou de croire.


Lirado : Pensez-vous que le roman d’anticipation puisse avoir une influence sur les comportements
d’aujourd’hui ? si oui, de quelles manières ?

Nathalie Le Gendre : Ce n’est pas uniquement le genre littéraire, mais surtout la manière dont un auteur aborde certains thèmes dans ses romans. C’est un cri du cœur et des tripes pour dire stop, pour alerter. On a trop longtemps écarté les jeunes lecteurs de la réalité de ce monde. Que cela puisse se faire grâce à des romans, je trouve cela génial. Car des écrits sont beaucoup plus percutants : ils font fonctionner l’imagination. Ce qui n’est pas visuel a beaucoup plus d’impact. L’anticipation a cette chance de pouvoir alerter car elle envisage l’avenir selon ce que nous vivons dans le présent. A nous de savoir réagir pour nous éviter bien des horreurs.


Lirado : Avez-vous rencontrer des difficultés dans l’écriture de ce livre ?

Nathalie Le Gendre : Pas vraiment. Quand on traite de tels sujets, il faut juste être le plus soft possible. Je pense y être parvenue.

Lirado : Les orphelins de Naja a faillit être victime de non-publication en raison d’un conflit avec l’éditeur, comprenez-vous cette situation engendré par votre livre ? Quel a été votre réaction ?

Nathalie Le Gendre : Ce n’est pas parti d’un conflit avec l’éditeur, mais bien d’un rejet face à la pédophilie pratiquée par certains hommes d’Eglise. Il y a eu incompréhension entraînant une censure. J’ai trouvé aberrant que l’on puisse encore censurer de nos jours, alors que la réalité de ce monde est atroce. Elle ne doit pas être cachée. On ne doit pas mentir et montrer un monde rose. Mais j’avoue que j’ai trouvé gênant ce tapage qui n’avait pas lieu d’être.

Lirado : Quel côté aimez-vous le plus chez Kihsana ?

Nathalie Le Gendre : Ça, c’est une colle ! Kihsana est une jeune fille très mystérieuse, insaisissable. J’aime cette force en elle qui lui permet de résister.


Lirado : La fin est assez légère par rapport au reste du roman, pourquoi ce choix ?

Nathalie Le Gendre : S’il n’y a pas un zeste d’espoir dans un roman aussi dur, à quoi bon ? La fin doit pouvoir permettre ce genre de chose pour montrer qu’il existe toujours une porte de sortie, même quand tout va mal.

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