Interview : Dorothée Piatek

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Lirado : Depuis quand écrivez-vous ? Qu’est-ce qui vous plaît dans l’écriture ?

Dorothée Piatek : J’écris depuis toujours ou presque. J’ai commencé par des histoires courtes, puis petit à petit mes textes ont pris de l’épaisseur. J’ai découvert l’enchantement de se sentir emporté, d’être habité par des personnages. Je vis avec eux durant des mois entiers, ils me réveillent la nuit, surgissent à chaque instant. Il m’arrive souvent d’avoir le sentiment que ce sont eux qui mènent la danse. Ressentir des ambiances, révéler des sentiments et les retranscrire sur le papier m’emporte dans des mondes à chaque fois différents et merveilleux, c’est ce qui me plaît dans le travail d’écriture.

Lirado : Quels sont les sujets dans l’écriture que vous aimez aborder ?

Dorothée Piatek : J’aime transmettre le souvenir à travers les événements qui font partis de notre histoire. Transmettre pour ne pas oublier afin que les enfants d’aujourd’hui ne puissent pas dire un jour  » On ne nous avait pas dit ». Mais il y a également le plaisir simple d’inventer une histoire en pensant aux petites lumières qui pourraient brillaient dans les yeux des jeunes lecteurs. Je pars souvent d’un mot qui sonne bien à mon oreille ou d’une situation qui me fait sourire.

Lirado : Pourquoi vous êtes vous lancer dans l’écriture qu’en 2002 avec la sortie de l’horizon bleu ?

Dorothée Piatek : Si je n’ai pas été publié avant, c’est que je ne me sentais pas prête. Toutes ces années de travail personnel étaient nécessaires. Je les ai passé à écouter des conseils, à tenter de les appliquer. Ecrire fut longtemps mon jardin secret, je n’étais pas pressée d’être publiée.

Lirado : Comment trouvez-vous vos idées de livres ?

Dorothée Piatek : La plupart de mes livres naissent d’une rencontre. Un mot, une discussion, une passion racontée et mon imagination se met en route. Ceci est surtout valable pour les romans historiques que j’ai écris jusqu’à aujourd’hui. J’aime l’idée de transmettre le souvenir aux jeunes générations. En ce qui concerne les albums pour les plus petits, les idées me viennent au gré de mes humeurs, en observant le monde et comme je le disais plus haut en entendant parfois un mot qui attire mon attention.

Lirado : De quoi vous aidez-vous ?

Dorothée Piatek : Je passe beaucoup de temps à faire des recherches historiques, interroger des témoins, croiser les informations. Ce travail en amont est essentiel pour comprendre et bien traiter les sujets que j’exploite.

Lirado : L’horizon bleu est adapté en spectacle, qu’éprouvez-vous donc ?

Dorothée Piatek : Un grand bonheur ! La première représentation fut un moment d’émotion intense pour l’illustrateur Yann Hamonic et moi- même. La metteur en scène Céline Ganalvault a su capter et mettre en scène avec justesse l’âme de  » L’Horizon Bleu « . Ce spectacle est bouleversant. Le talent de la comédienne Sophie Vaslot qui interprète le rôle de l’héroïne de mon livre, plonge dès son entrée en scène le spectateur au coeur des réalités de la Première Guerre mondiale. C’est un spectacle dont on ne ressort pas indifférent.

Lirado : Quelles sont vos autres passions ?

Dorothée Piatek : Je ne parlerais pas d’autres passions, mais de curiosité que je ne considère pas comme un vilain défaut. J’aime marcher le nez levé vers le ciel pour admirer les façades et jeter un oeil derrière les fenêtre éclairées, observer mes chats jouer avec une feuille dans le jardin, écouter la pluie qui frappe sur un carreau …

Lirado : Vous avez fait deux albums de suite ( L’horizon Bleu, le marchand de parapluies) pensez-vous revenir chez les plus grands avec un nouveau roman ?

Dorothée Piatek : » L’horizon Bleu  » ne s’adresse pas particulièrement au jeune public, j’en veux pour preuve le nombre d’adultes qui ont acheté et lu ce livre. Il touche un public de 9 à 99 ans. »Le marchand de parapluies » est mon premier album destiné aux petits(3/6 ans). J’ai pris beaucoup de plaisir à l’écrire et à réaliser la maquette de ce livre. Ce fut un moment de pur plaisir partagé avec l’illustrateur Gwendal Blondelle. J’ai toujours aimé écrire pour les plus jeunes. Les éditions Petit Phare ont cru en ce projet, j’en suis heureuse. J’en reviens à la seconde partie de votre question, concernant mon éventuelle retours chez les plus grands avec un nouveau roman. Je peux vous annoncer aujourd’hui que sortira au mois d’avril mon nouveau roman « Je marchais malgré moi dans les pas du diable » aux éditions Petit à Petit. Ce livre au contenu historique raconte le parcours des alsaciens enrôlés de force dans l’armée allemande en 1939/45. Il s’adressera aux lecteurs de plus de 13 ans.

Lirado : Comment procédez-vous pour la création de vos personnages ?

Dorothée Piatek : j’invente pour chacun de mes personnages, un caractère, un passé et un physique ou un détail physique qui lui soit propre. Une fois les personnalités bien définies, je commence à les mettre en scène et leurs distribue des rôles qu’ils devront tenir jusqu’au bout du roman.Généralement, mon plan de construction est bien assis, même s’il arrive que les personnages de mes livres me « dictent » en cours de route certaines situations ou actions à détailler.

Lirado : et la réalisation de vos romans et albums ?

Dorothée Piatek : Généralement, je propose aux éditeurs des maquettes finalisées ou presque. Pour le dernier sortit : « Le marchand de parapluies », j’ai réalisé la mise en page, choisi les couleurs et la typographie.

Lirado : Comment ont été accueillis chacun de vos livres ?

Dorothée Piatek : L’accueil fut chaleureux dès la sortie de mon premier livre. Ce fut pour moi un vrai réconfort. Entrer dans le monde de l’édition est impressionnant, on se sent tout petit. Je n’ai jusqu’à aujourd’hui fait que de belles rencontres. Les gens m’ont fait confiance, ont compris les messages que je tentais de faire passer pour un monde plus doux. La sortie de chacun de mes livres est l’occasion pour moi d’une forte appréhension. J’attends fébrilement l’avis de mes lecteurs. C’est pour eux que j’écris, je ne voudrais pas les décevoir.

Lirado : Qui lit vos textes en premier ?

Dorothée Piatek : Ma soeur est souvent la première à découvrir mes livres. Elle a un oeil critique qui m’aide à me remettre en question quand cela est nécessaire.

Lirado : Aimez-vous les rencontres auteurs/lecteurs ? pourquoi ?

Dorothée Piatek : Ecrire et ne pas rencontrer mes lecteurs n’aurait aucun sens. J’écris en pensant à eux, pour eux. Les salons, interventions scolaires… sont pour moi des moments privilégiés. Je rentre à chaque fois enrichie de leur gentillesse, de leur éventuelles critiques, de leurs attentes. Je propose toujours aux lecteurs que je rencontre de m’écrire afin qu’ils me donnent leur impressions sur mes livres. J’accepte tous les avis, ils m’enrichissent, m’aide à avancer. Le contact humain est très important pour moi. Je suis infiniment reconnaissante à toutes ces personnes qui sont venues à marencontre. Je garde d’ailleurs contact avec beaucoup d’entre elles.

Lirado : Avez-vous des conseils d’écriture ?

Dorothée Piatek : Si j’ai des conseils à donner, ils sont modestes. J’essaye de guider quelques personnes qui entre en contact avec moi par e-mail. Des auteurs reconnus l’ont fait avec moi avant que je ne sois publiée. Je me sens encore aujourd’hui aux balbutiement de l’écriture. Le seul conseil que je donnerai ici, c’est de ne jamais oublier qu’écrire doit avant toute chose être et rester un plaisir et qu’il faut toujours avoir sur soi et au pied de son lit, un petit carnet et un crayon…

Pour marque-pages : Permaliens.

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