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LE DOSSIER DE LIRADO
Histoire du livre jeunesse et du livre pour ados
Ce dossier a été relu et corrigé avec
l'aimable participation de Jean-Paul Gourévitch, auteur d'ouvrages
consacrés à la littérature de jeunesse (dont
La littérature de jeunesse dans tous ses écrits, 1529-1970
) d'essais et de romans pour la jeunesse. Visitez
son site !

Il était une fois, le livre jeunesse.
Un conte, une aventure, une épopée, un parcours initiatique
semé d'embûches, de difficultés mais dont chaque
nouveau pas dans le monde littéraire contribua à sa
reconnaissance, à son succès. Le livre jeunesse, une
histoire courte mais conquérante, qui s'est au cours des deux
derniers siècles inscrite de façon durable dans le paysage
littéraire et demeure aujourd'hui le seul secteur du domaine
à connaître une (petite) croissance (hormis le roman
poche et le domaine Manga-BD). ?Dans ce dossier, Lirado propose de
vous faire voyager dans le temps et de découvrir comment le
livre jeunesse est devenu, en quelques siècles, l'un des piliers
de l'édition littéraire.? L'occasion de revenir sur
les livres qui ont marqué l'histoire du livre jeunesse, mais
aussi de découvrir quels éditeurs ont contribué
à ce succès et enfin de voir comment il a réussi
au fil des ans, à s'imposer comme de la littérature
à part (presque) entière.
Où il est question
de la naissance du livre jeunesse.

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L'histoire du livre jeunesse commence bien après
l'apparition des premiers livres. Elle s'est constituée au
fil des siècles par la rencontre de trois univers, celui des
pédagogues qui cherchent à faire passer leurs messages
moraux et éducatifs en direction de la clientèle enfantine,
celui des libraires-éditeurs qui font commerce de ces ouvrages,
celui des imagiers et illustrateurs qui connaissent le pouvoir des
images et savent que ces ouvrages vont s'adresser à une clientèle
peu alphabétisée auxquels on les montrera en leur racontant
le texte.
Le premier à avoir posé les bases de ce que pourrait
être une littérature de jeunesse illustrée est
Erasme dans son Institution des Enfants (1529). Après
lui, tandis que Rabelais, Montaigne et surtout le tchèque Comenius
réfléchissent sur l'éducation des enfants, des
ouvrages d'apprentissage, des traités de civilité, ,
des catéchismes pour la jeunesse, des abécédaires
comme Rôti Cochon, des recueils de conseils, des
ouvrages didactiques, des pièces de théâtre, des
contes, des fables comme celles de La Fontaine sont publiés
avec des illustrations qui tantôt explicitent le texte, tantôt
sont des simples éléments décoratifs pour donner
envie d'ouvrir le livre.
On considère parfois que le premier roman destiné clairement
à un enfant fut le livre écrit par Fénelon en
1699 à l'intention du fils du Dauphin de France, le duc de
Bourgogne : Les Aventures de Télémaque.
Cet ouvrage à but surtout pédagogique raconte les pérégrinations
de Télémaque, accompagné de Mentor, son précepteur,
alors qu'il recherche son père Ulysse. Diverses péripéties
lui feront rencontrer une vaste panoplie de personnages qui seront
prétexte à un enseignement moral et politique. Les propos
tenus dans cet ouvrage, satire du règne du père du Dauphin,
Louis XIV, conduisirent à la fureur du roi et le livre ne put
circuler que sous le manteau pendant longtemps.
Il faudrait aussi citer les Contes de Charles Perrault.
Bien qu'ils soient destinés d'abord aux adultes, on trouva
que les contes pourraient se révéler utile pour "instruire
et plaire" tout en même temps. Le conte eut un vrai succès
dès cette époque là, encore non démenti
aujourd'hui puisque de nombreux enfants font leurs premières
découvertes littéraires avec Perrault, les frères
Grimm ou Andersen . Qui ne se rappelle sa lecture du Petit Chaperon-Rouge
? du Petit Poucet ? de Barbe-Bleue ? De nombreuses recherches
ont, depuis, démontré que les contes permettent aux
enfants de se construire psychologiquement et socialement (on pensera
ici au célèbre livre Psychanalyse des Contes de
Fées de Bruno Bettelheim. Le Petit Chaperon rouge
n'est-il pas un conte pour prévenir les jeunes filles des pièges
de la sexualité ?
Plusieurs évènements structurent l'histoire du livre
de jeunesse au XVIIIe siècle. Outre les contes, les enfants
purent aussi profiter d'un roman d'aventure qui reste depuis un incontournable
(que Lirado n'a jamais lu...) : Robinson Crusoé
de Daniel Defoe, paru en 1719. L'ouvrage, on le sait tous, raconte
l'histoire d'un naufragé qui durant 28 ans vécût
sur une île (quasi) déserte avant d'être sauvé
par des pirates. De quoi passionner toute une panoplie de garçons
(et filles), amateurs d'aventures, jusqu'à nos jours.....
Mais l'essor du livre pour enfants ne commença réellement
qu'à partir du moment où l'enfant commença à
être considéré dans notre société.
Cela se produisit au XIXe siècle et ouvrit la porte à
l'édition jeunesse à partir de ce moment là,
pour pleinement s'épanouir au 20ème siècle (et
continuer sur sa lancée au 21 ème siècle)
Le Petit Chaperon Rouge
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Robinson Crusoé et Vendredi
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Où il est question
de l'apparition de deux collections pour la jeunesse et d'un sursaut.

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Après la Révolution française
qui a peu produit et les ouvrages moraux qui en revanche font la fortune
des libraires-éditeurs sous l'Empire et la Restauration,
deux éditeurs au début du 19ème siècle
se lancent clairement dans la littérature jeunesse : il s'agit
d'une part d'Hachette et d'autre part d'Hetzel.
Hachette tire dès 1833 profit des lois Guizot sur l'éducation
(souvenez-vous, c'est Guizot qui bien avant les lois Jules Ferry instaure
l'obligation d'avoir une école dans toutes les communes et
permet surtout l'éducation de garçons de revenus modestes)
en publiant des ouvrages pédagogiques et surtout des manuels
scolaires.
En 1853 le même Hachette se lance dans la fiction avec une collection
dédiée à la jeunesse : la fameuse Bibliothèque
rose. Au sein de celles-ci, les romans pour filles et les romans pour
garçons se distinguent. D'un côté La Comtesse
de Ségur et ses Petites Filles modèles qui
véhiculeront pendant des années une image bien-pensante
de la parfaite petite fille. De l'autre, Dickens et son David
Copperfield et Oliver Twist, décrivant
le quotidien de garçons débrouillards et aventureux.
Stéréotypés ? oui peut-être un peu, mais
la littérature jeunesse était née, avec ses qualités
et ses défauts (parfois encore prégnants aujourd'hui...).
De son côté, Hetzel crée avec Jean Macé
la revue Le Magasin d'Education et de Récréation
qui réunit des auteurs célèbres mais
finira par disparaître en 1906. Il lance pour les enfants les
Albums Stahl avec son héroïne Mademoiselle
Lili, renouvelle la couverture des ouvrages pour la jeunesse en l'illustrant
et assure le succès des Jules Verne.
A partir de 1870, on assiste à une multiplication des titres
et des éditeurs jeunesse. C'est l'époque du succès
de romans comme Sans Famille d'Hector Malot, de L'Ami
Fritz d'Erckmann-Chatrian ou encore du Petit Lord de
Fauntleroy de de Frances Hodgson Burnett. Sans compter le
succès phénoménal du manuel scolaire Le
Tour de la France par deux enfants de G.Bruno (pseudonyme
d'Augustine Fouillée). Il reste qu'en dépit d'auteurs
célèbres qui ont écrit pour la jeunesse (George
Sand, Charles Dickens, Alphonse Daudet, Herman Melville, Erckmann-Chatrian,
Jules Verne, la comtesse de Ségur), la production littéraire
en comparaison avec le siècle suivant (et aujourd'hui) demeure
peu conséquente.Pire, avec le début du 20 ème
siècle, les enfants commencent à se désintéresser
du livre au profit de l'illustré qui pendant la Première
guerre mondiale développe chez les enfants l'esprit patriotique
et revanchard.

David Copperfield
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Sans Famille
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Le Petit Lord Fauntleroy
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Où l'on constate qu'après
une petite crise, l'édition jeunesse reprend du poil de la
bête.

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Par le biais de la presse enfantine, qui reprend
sa croissance à partir de 1920, une littérature de divertissement
apparaît pour les jeunes lecteurs : histoires illustrées,
feuilletons, magazines. Ces productions sont considérées
alors par le public et surtout les enseignants comme une sous-littérature
par rapport à la littérature générale.
Des « comics » venus des USA l'enrichissent
( Tarzan ) et lui confèrent parfois une
composante parfois un peu plus subversive ( Les pieds nickelés
de Forton).
Du côté des éditeurs, il se créé
en 1931 les Albums du Père Castor, chez Flammarion.
Cela amène à une véritable révolution
dans la manière de présenter les livres jeunesse : maniables,
peu onéreux, proches des centres d'intérêt des
enfants, ils sont beaux, interactifs et étonnants. La veine
de l'album jeunesse est lancée.
Du côté des livres, c'est l'heure de gloire pour la collection
des albums du Père Castor de Paul Faucher, les
Contes du Chat Perché de Marcel Aymé et bien
entendu du Petit Prince de Saint Exupéry paru
en France en 1945.
L'année 1949 est marquée par la parution de la loi du
16 juillet sur les publications pour la jeunesse qui est encore aujourd'hui
en vigueur. Cette loi interdit notamment "de proposer, de
donner ou de vendre à des mineurs de dix-huit ans les publications
de toute nature présentant un danger pour la jeunesse en raison
de leur caractère licencieux ou pornographique, ou de la place
faite au crime ou à la violence, à la discrimination
ou à la haine raciale, à l'incitation, à l'usage,
à la détention ou au trafic de stupéfiants"
Par ailleurs, les éditeurs sont de plus en plus nombreux à
se lancer sur le marché et en 1958, le Syndicat National de
l'Edition compte 40 éditeurs jeunesse sur ses 296 membres.
Une belle prouesse pour un domaine encore tout récent qui n'a
commencé à susciter l'engouement qu'une centaine d'années
auparavant.
Où le livre de poche
fait une entrée triomphante en littérature jeunesse.
Le livre de poche existe depuis 1953 dans le secteur
adulte, lorsqu'une fois de plus, Hachette décide de se lancer
avant tout le monde sur ce créneau.
L'école des loisirs est le second éditeur à se
lancer dans l'aventure et donne naissance en 1976 à la collection
Renard-Poche qui propose aussi bien des classiques que des romans
inédits.
Le véritable coup de tonnerre vient de Gallimard qui lance
en 1977 sa collection Folio-Poche, alors même que Gallimard
jeunesse n'a que quelques années (pour rappel Gallimard Jeunesse
est né en 1972). Cette collection qui propose des inédits
et des classiques s'adresse aux adolescents de 10 ans et plus. Son
succès est tel qu'en 1980 une collection de livres de poche
illustrés et en couleurs voit le jour pour les 5 - 7 ans (Folio
Benjamin), suivie en 1983 de Folio Cadet pour les 7 -10 ans. Entre-temps,
Hachette rattrape "son retard" et lance en 1979 sa ligne
de collection poche pour la jeunesse avec Le Livre de Poche jeunesse.
Suivront Flammarion et sa collection Père Castor, Casterman
avec L'ami de Poche... et tous les grands éditeurs qui s'engouffrent
dans la brèche au cours des années 80.
Aujourd'hui, et depuis les années 1990, le succès du
poche jeunesse est tellement fort qu'une grande majorité des
romans jeunesse sont publiés uniquement dans ce format. Cependant,
le grand format connaît depuis quelques années un retour
chez les éditeurs jeunesse, en particulier pour les ados et
les jeunes adultes, comme nous le verrons un peu plus loin...
Entre 1970 et 1990 - 2000, on peut parler d'une véritable explosion
du secteur jeunesse même si la concurrence avec les autres médias
(télévision, jeux-vidéos, internet) commence
à pointer son nez.
Où on commence à
parler du statut du livre jeunesse.
Je vais faire ici une petite pause pour expliquer ma
propre expérience de ce statut difficilement reconnu de "littéraire"
à la littérature jeunesse (et notamment à celle
pour adolescents).
Je ne sais pas si on vous l'a déjà dit, mais moi je
l'entends assez régulièrement : la littérature
jeunesse a longtemps été considérée comme
une sous-littérature par les pouvoirs politiques, les religieux,
les institutions éducatives et même les bibliothécaires
qui déplorent aujourd'hui que les ados ne lisent plus. Ainsi,
le livre pour enfants, à cette époque, (je ne vois pas
très bien de quelle époque vous parlez, il faudrait
préciser) est considéré par le public adulte
comme le lieu du conte édulcoré, des histoires mièvres
et des récits les plus conventionnels. Rien de très
positif en somme. Un statut aujourd'hui revu un peu à la hausse
même si de par ma petite expérience, je sais que faire
comprendre la réelle qualité de certains livres jeunesse
(et particulièrement pour ados) est difficile. Je me souviens
qu'à chaque fois que je montrais les livres que j'empruntais
à la bibliothèque, je me retrouvais face à la
remarque parentale que beaucoup de lecteurs de mon âge ont dû
subir : "oui mais ça ce n'est pas de la lecture sérieuse".
Soit mais les classiques ne me passionnent pas tant que ça
(encore que vous pouvez voir que je m'y suis un peu mise avec Livres
Classiques)
Et je sais aussi que si je n'avais pas Lirado, il me serait difficile
aujourd'hui de justifier toutes mes lectures dans ce secteur alors
que j'ai aujourd'hui dépassé l'âge de l'adolescence.
Je trouve que c'est un beau prétexte à lire ce qui me
plaît sans qu'on me rappelle qu'il existe une merveilleuse littérature
pour adultes (dont je doute que la qualité soit parfois meilleure).?D'ailleurs,
lorsque je lisais l'autre jour l'article
de Slate sur les livres Young Adult, je me suis totalement retrouvée
dans ce portrait, à l'image de toutes les personnes qui ont
passé l'adolescence et lisent toujours des livres pour ados.
La Young Adult est ce qui a sauvé la littérature jeunesse
et son statut d'une certaine manière. Mais pas totalement non
plus, n'exagérons rien. Disons qu'à partir des années
90, la tendance a commencé à peu à peu s'inverser
et voici comment...
Où la littérature
jeunesse commence à devenir digne d'intérêt.
En 1995, les programmes scolaires ont introduit la
littérature jeunesse au cycle 3 (CE2, CM1, CM2) et au collège.
Des listes de livres conseillés par l'Education Nationale sont
apparues et aujourd'hui 300 livres sont conseillés rien que
pour le cycle 3, sans compter le lancement très récent
d'une plateforme de fiches de lecture de livres recommandés
pour les collégiens (A
consulter ici). Ceci a permis une première reconnaissance
non négligeable même s'il demeure toujours des professeurs
et bibliothécaires qui considèrent que la littérature
jeunesse n'a pas vraiment sa place dans l'école, ou ne mérite
pas qu'on s'y arrête en bibliothèque.
Où le phénomène
Harry Potter apparaît comme une bénédiction.

L'autre jour, je donnais un interview sur la littérature
pour adolescents (oui je sais ça fait un peu "je me la
joue") et il fut à un moment question d'Harry Potter.
C'est évidemment la série à laquelle tout le
monde fait référence lorsqu'il s'agit de parler du regain
d'intérêt pour la littérature ados. Harry
Potter a ramené les jeunes à la littérature
et ça fait 10 ans qu'on entend ce discours, qui est, j'imagine,
vrai.
Moi j'avais 9 ans lorsque j'ai lu Harry Potter et force
est de constater que de lectrice assez peu gourmande en livres, je
suis passée au statut de dévoreuse de livres. Phénomène
Harry Potter pour moi ? sans doute que oui car à
l'heure actuelle j'ai dû lire au moins huit fois le premier
tome de la série..(et un peu moins les suivants) sans compter
le nombre de fois où j'ai regardé les films. Bref. Harry
Potter a contribué à faire comprendre aux adultes que
les livres ados pouvaient être aussi bien que les livres adultes
et d'ailleurs, ils ne se sont pas privés pour nous les piquer.
Harry Potter a été le chef de file de
ce qu'on appelle maintenant la littérature "Young Adult"
que l'on retrouve dans le top vente des éditeurs. Twilight
et Hunger Games ont continué sur la lancée
d'Harry Potter et autour d'eux un florilège de
nouveaux livres pour ces ados/adultes est apparu.
Harry Potter a aussi signé le retour des gros livres (ceux
qui font plus de 300 pages et qui étaient boudés par
les éditeurs jeunesse, persuadés que ça ne se
vendrait jamais) et aussi le retour des livres en "grand format".
Au cours des dernières années, j'ai vu le nombre de
grands formats se multiplier chez Hachette, chez Gallimard, chez Pocket,
Nathan, Plon, Seuil, Bayard...tandis que dans le même temps
apparaissaient les collections spécialement "Young Adult"
dont la plus célèbre est "BlackMoon" (Hachette)
et la plus jeune, "R" (chez Robert Laffont).
Avec la multiplication des grands formats, c'est comme si la littérature
pour ados (plus que la littérature jeunesse toujours au format
album ou poche) prenait chaque année du pouvoir, devenait grande
et imposante.
Tout le monde (ou presque) commence à revenir sur ces a priori:
les institutions, les bibliothèques, les politiques, les enseignants,
les journalistes. Même : lire des livres ados est à la
mode.

Twilight
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Hunger Games
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Où l'on arrête
d'être dans un monde de bisounours
Ne nous trompons pas cependant. Tous les livres jeunesse
ne sont pas des oeuvres littéraires majestueuses qui rivaliseraient
avec des classiques comme Balzac, Zola, Aragon, Malraux, ... etc.
Car la littérature jeunesse se fonde sur un style qui se veut
accessible, simple et très dialogué et sur une action
dynamique ( ce n'est pas qu'il ne se passe rien dans les classiques,
mais .. c'est différent). On reproche à ces livres de
toujours raconter la même chose, de présenter des personnages
stéréotypés, de parler de sujets bien pensant...et
j'en passe.
En réalité, en jeunesse aussi il y a des sujets qui
sortent de l'ordinaires et lorsque ça sort de l'ordinaire,
ça devient même polémique. Car plus qu'en littérature
adultes, il y a chez les ados des sujets tabous comme la sexualité,
la violence, l'homosexualité...
Mais il y a des auteurs et des éditeurs qui se jettent dans
ces sujets, comme les romans de Melvin Burgess ou celui de Koushun
Takami : Battle Royale. Là aussi, on commence
à comprendre que les ados ont envie de lire des thèmes
qui les touchent au quotidien ou qui sont simplement différents.
Les livres polémiques font le débat et permettent de
faire progresser la littérature jeunesse.
Où l'on esquisse une
conclusion.
L'histoire du livres jeunesse est une histoire
récente, qui se développent surtout à partir
de 1850. Longtemps déconsidérée, la littérature
jeunesse commence depuis Harry Potter a être reconnue par les
enseignants, bibliothécaires, médiateurs divers et politiques.
En un peu plus de 150 ans, la littérature jeunesse a réussi
à s'imposer chez les éditeurs. Aujourd'hui plus de 8000
livres pour la jeunesse sont publiés chaque année. 1
livre sur 4 vendus est un livre jeunesse. 15% du marché éditorial,
plus de 400 éditeurs et un secteur qui ne connaît pas
de grosse crise. Un beau parcours en tout cas, en dépit des
critiques qui ont plu et continue parfois de pleuvoir sur la littérature
jeunesse et sa qualité littéraire.
Aujourd'hui, l'arrivée du numérique change de nombreuses
choses pour l'édition jeunesse. Et pour en savoir plus sur
la littérature
pour adolescents et le web, n'hésitez pas à relire le
dossier de Lirado sur ce sujet.

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