Le goût amer de l’abîme de Neal Shusterman

Age : 15 ans et +

Éditeur : Nathan jeunesse (2018)

400 pages

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Caden Bosch, 15 ans, a chaque jour un peu plus l’impression d’être sur un navire qui vogue sur une mer dangereuse. Comment cet adolescent normal, entouré d’amis et rêvant d’écrire des scénarios de jeux-vidéos a t-il pu ainsi changer ? La réponse à cette question porte le nom  de schizophrénie…

Au début, Le Goût amer de l’abîme m’a déroutée. Je me suis d’abord retrouvée sur un bateau, entourée d’un équipage étrange, en train de voguer sur une mer déchaînée. Puis quelques chapitres plus loin, j’étais Caden Bosch, un adolescent normal devenu soudain très angoissé par son environnement. Il a fallu apprivoiser cet étonnant va-et-vient, de courts chapitres en courts chapitres, pour enfin pénétrer dans cette histoire et en comprendre le brillant fonctionnement. Je dis brillant parce que Neal Shusterman a vraiment réussi à me glisser dans la tête de Caden et à me faire partager, peu à peu, ce que vit une personne atteinte de schizophrénie.

Le Gout amer de l’abîme raconte donc deux histoires. D’abord il y a Caden, le jeune mousse d’un bateau pirate, en quête d’un trésor. Il raconte sa vie sur le navire, sa relation avec les différents membres de l’équipage tels que le Capitaine, le Perroquet, le Navigateur ou Calioppe. De l’autre, il y a Caden, l’adolescent confronté aux premiers symptômes de la schizophrénie et ensuite hospitalisé. Neal Shusterman construit toute l’histoire sur ces allers-retours entre l’imaginaire et le monde réel du garçon. Peu à peu, le lecteur comprend que l’histoire de Caden sur le navire, est une transposition de ce que la schizophrénie lui fait vivre au quotidien.

La lecture est donc très perturbante et elle m’a parfois laissée perplexe. J’ai notamment eu du mal avec tous les passages qui se déroulent sur le bateau pirate, lorsque Caden est en proie à un capitaine et son perroquet malveillant. C’est confus, décousu et l’ambiance est très bizarre. En même temps, je savais que c’était aussi une très bonne représentation de la schizophrénie puisque l’auteur s’appuie sur l’expérience d’un de ses enfants, confronté à cette maladie mentale ( d’ailleurs, les illustrations dans le livre sont de lui). Ce brouillard des pensées de Caden retrouvait un peu plus de clarté lorsqu’il s’agissait de parler de la réalité et de son quotidien à l’hôpital, avec les autres patients. J’ai préféré ces passages là.

En quelques mots :

Le Goût amer de l’abîme est un roman singulier, qui nous plonge dans les pensées décousues de son personnage principal, Caden, atteint de schizophrénie. L’intérêt c’est qu’il nous permet de découvrir les sensations que provoque cette maladie mentale et de comprendre son fonctionnement. Pour cela Neal Shusterman s’appuie sur le va-et-vient de deux récits : Caden sur un bateau pirate, sur une mer agitée, à la recherche d’un trésor mais en proie à un capitaine et son perroquet très ambivalents. Puis, Caden, hospitalisé pour ses troubles psychiatriques.
Les points faibles de Le Goût amer de l’abîme, c’est le côté très plat du roman, son absence d’intrigue et les passages très décousus sur le navire, qui finissent par nous laisser perplexe.
Un roman à conseiller à ceux qui veulent comprendre la schizophrénie.

A propos de Neal Shusterman

Né en 1962 à New York, Neal Shusterman est auteur de romans policiers et fantastiques dont La Faucheuse (Robert Laffont, 2017). Le Goût amer de l’abîme a été inspiré par la vie de son fils Brendan, qui a illustré le roman. II a reçu plus d’une dizaine de prix littéraires, dont le National Book Award 2015.

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