George d’Alex Gino

Age : 9 – 12 ans
Éditeur :  L’Ecole des loisirs (2017)
180 pages

Note : 4 Stars

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A 9 ans, George a l’impression de vivre un mensonge. Sa mère, son frère, ses amis, sa maîtresse voient en lui un garçon alors que George se sent fille au fond de lui même. A l’occasion d’une pièce de théâtre organisée par son école, George aimerait tenir le rôle de Charlotte, une araignée, mais ce choix n’est pas évident à faire accepter…

Parler de transsexualité aux 9-12 ans, c’est un pari difficile et complexe. Pourtant, le roman d’Alex Gino, George, parvient, à quelques nuances près, à relever ce défi avec beaucoup de sensibilité. L’histoire est donc celle de George, à 9 ans, il se surnomme en cachette Mélissa et lit des magazines féminins. Il rêve de devenir une fille et a du mal à accepter son corps ainsi que toutes ces choses qu’on voudrait qu’il aime, parce qu’il est un garçon. La réalisation d’une pièce de théâtre et sa volonté affirmée d’incarner le personnage de Charlotte, une araignée, l’amènera à sensibiliser son entourage aux questions et au mal être qui le traverse. J’ai trouvé que ce biais était très intéressant. Le fil conducteur de la pièce de théâtre nous permet de découvrir l’univers familial de George, ses sentiments par rapport à la situation qu’il traverse et la manière dont il va informer son entourage qu’il est transsexuel.

George fait preuve d’une maturité assez étonnante pour son âge. A 9 ans, il sait ce qu’est la transsexualité et il a totalement accepté l’idée qu’il est une fille à l’intérieur de lui. Maintenant, il doit le montrer aux autres et sortir Mélissa « du placard ». Alex Gino, lui même est transsexuel et c’est sans doute pour cette raison qu’il parvient à être aussi réaliste quand il évoque le mal être de son personnage et ses interrogations pour savoir comment en parler à son entourage.

George est un roman touchant. On est évidemment marqué par le parcours de George et sa volonté de devenir Mélissa tandis qu’il est confronté au regard des autres. Chapitre après chapitre, Alex Gino l’extirpe un peu plus de sa situation et lui donne les moyens de s’exprimer. Le texte est très optimiste, un peu candide aussi peut-être, avec des réactions très positives autour de la situation.

Un seul point m’a gênée au cours de ma lecture, les stéréotypes de genre. C’est assez paradoxal au vue du thème mais pourtant le roman d’Alex Gino comporte des clichés. Les filles sont douces, organisées, gentilles, belles, aiment le rose et les jeux calmes tandis que les garçons sont dans le roman des êtres souvent grossiers, désorganisés, violents, sales, un brin pervers (le frère Scott…sans commentaire) et aiment les jeux vidéos, les bagarres. C’est un peu dommage même si je peux comprendre que dans sa volonté à être à tout prix une fille, George tombe dans l’excès de féminité….

George d’Alex Gino reste néanmoins un roman facile d’accès et émouvant qui permet de sensibiliser avec délicatesse et pudeur les plus jeunes à la thématique de la transsexualité. Une bonne initiative car le sujet reste encore très tabou et peut aider certains jeunes ados qui dès la fin de la primaire se sentent différents.

En quelques mots :

Un roman pour les 9-12 ans qui sensibilise avec justesse et pudeur au thème de la transsexualité. George, grâce à une pièce de théâtre va tenter de sensibiliser son entourage aux questions et au mal être qui le traverse. Le roman est touchant et on sent qu’Alex Gino, lui même transsexuel, a glissé une part de témoignage dans l’histoire de son jeune héros.
Mais j’ai été gênée par les stéréotypes de genre véhiculés à certains moments du roman. C’est un peu maladroit de la part de l’auteur, surtout au vue du thème. Néanmoins George est un roman idéal pour parler de ce thème encore très tabou avec les plus jeunes.

A propos d’Alex Gino

George est le premier roman de l’Américain Alex Gino. Cet adulte transgenre ne se définit ni comme un homme ni comme une femme, mais utilise le pronom personnel pluriel « ils » pour parler de sa personne. Militants pour les droits des homosexuels et des transgenres, « ils » ont mis une dizaine d’années à écrire George.
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