Flash Fiction : des romans jeunesse adaptés aux dyslexiques

Savoir lire, dans notre société actuelle, est devenu un impératif. Mais pour certains enfants, l’apprentissage de la lecture est un vrai parcours du combattant qui fait parfois oublier le côté « plaisir » que doit avoir la lecture. Aujourd’hui, on compte environ 8% à 10% d’enfants dyslexiques, selon l’OMS. Un nombre important qui a conduit récemment les éditeurs à réfléchir à de nouvelles collections. Flash Fiction, lancée début avril 2017, s’inscrit dans cette démarche de permettre à tous de pouvoir lire, selon son rythme, ses goûts et surtout au-delà de ses difficultés d’apprentissage.

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Une collection pour les enfants dyslexiques.

Le 9 avril 2017, Rageot a lancé sa nouvelle collection de romans jeunesse : Flash Fiction. Cette collection, destinée à des lecteurs de plus de 8 ans ( et dont les titres pourront être proposés jusqu’à 11-12 ans) se base sur un principe : des lectures courtes, accessibles à tous et surtout adaptées aux enfants dyslexiques. La directrice de collection, Hélène Daveau, qui a accepté de répondre à quelques questions de Lirado, explique que ce projet est né d’un constat : « nous sommes conscients que, pour certains enfants, la lecture n’est pas un exercice attrayant… Sans parler de ceux pour qui la lecture représente en plus une vraie difficulté, soit parce que les mécanismes du déchiffrage ne sont pas acquis, soit par manque de pratique et donc d’endurance, soit à cause d’un handicap comme la dyslexie. » Dès lors, l’élaboration d’une collection à destination du public particulier que représente les enfants qui, a priori, « n’aiment pas lire », était lancée.

Des livres courts.

Dans un premier temps, 5 titres ont été lancés : Contact de Malorie Blackman, Derrière la porte d’Agnès Laroche, Une Ecole parfaitement normale de Jérémy Strong, L’Ami Zarbi de Christian Grenier et Il Pleut des parapluies de Susie Morgenstern. Ces textes ont été sélectionnés sur plusieurs critères explique Hélène Daveau : « Au lancement du projet, nous avions deux convictions : d’abord, il nous fallait des lectures courtes, ensuite, il fallait que leur structure narrative reste simple. Nous avons donc demandé à nos auteurs s’ils avaient envie d’écrire des romans pas trop « copieux » dans lesquels il n’y ait pas de difficultés structurelles ( par exemple pas de changements de point de vue ou de flash-back). Certains ont répondu à l’appel en nous envoyant des manuscrits… » De fait, les textes sont assez courts et oscillent entre 60 et 100 pages, dans une mise en page aérée.

Proposer des textes qui s’inscrivent dans des genres variés.

La collection Flash Fiction combine un autre atout : proposer des lectures qui s’inscrivent dans des genres variés, capables de séduire un public de lecteur le plus large possible. »Nous souhaitons que tous les genres puissent exister dans cette collection, que les enfants qui s’empareront de « Flash Fiction » aient accès à la même variété de textes que les « gros lecteurs » » justifie Hélène Daveau. Les premiers titres sont l’illustration de ce désir avec Contact qui est un roman de science-fiction, Derrière la porte est un récit de vie, tandis que L’Ami Zarbi, Il Pleut des parapluies et Une Ecole parfaitement normale s’inscrivent dans la veine du roman fantastique.

La collaboration avec les auteurs : un travail de longue haleine qui tient ses promesses.

Du fait des spécificités de la collection Flash Fiction, le cahier des charges à remplir nécessitaient quelques adaptations. C’est d’abord vers les auteurs qu’Hélène Daveau s’est tournée « une fois que nous avons eu déterminé les calibrages de la collection (le nombre de signes ou de mots que devait comporter un texte pour telle ou telle tranche d’âge), nous avons progressé à tâtons, main dans la main avec des auteurs expérimentés (Christian Grenier, Agnès Laroche et Susie Morgenstern), convaincus par le projet de Flash Fiction« . Il a ainsi fallut se mettre d’accord sur la base du texte :  l’histoire racontée, la structure, les héros, là encore, comme dans un processus d’édition classique. Ensuite a commencé un travail de plus longue haleine : relire les textes, garder à l’esprit les difficultés de déchiffrage ou de compréhension, réfléchir aux implicites, au lexique, à la syntaxe… De cette étape, Hélène Daveau garde un très bon souvenir « Les auteurs, sans exception, se sont prêtés à cet exercice avec beaucoup d’envie et de disponibilité. Résultat : le travail en commun a été agréable… et d’une grande richesse. Du point de vue des éditions Rageot, en tout cas.. Il faudrait demander leur avis aux auteurs !« 

Le savoir-faire d’une orthophoniste : Monique Touzin.

Pour être sûr que les textes répondent aux attentes, toute la collection a été pensée avec le concours d’une orthophoniste, Monique Touzin ( elle exerce au centre Paris Santé Réussite et professeur d’orthophonie à l’Université de Médecine Pierre et Marie Curie). Elle est majoritairement intervenue au moment du travail sur le manuscrit, notamment concernant les questions de lexique et d’implicites et jusque dans des détails linguistiques assez pointus.  » À certaines étapes, elle testait le manuscrit avec un de ses patients, pour percevoir quels éléments pouvaient lui échapper… ou pas. Nous l’avons aussi consultée sur la définition de la tranche d’âge potentiellement visée par les textes, sur l’élaboration de la maquette, le choix de la teinte du papier, l’importance de présenter ou pas les héros ou le contexte de l’histoire, etc. » conclue Hélène Daveau.

Une mise en page adaptée aux dyslexiques.

Enfin, le travail de l’éditeur autour de cette collection, a été de réfléchir à la maquette de chaque ouvrage. Plusieurs choix ont été faits : un papier de couleur ( dans les tons beiges, pour limiter les contrastes et le stress visuel chez certains enfants), une typographie adaptées au dyslexiques ( « sans empattement »), de nombreuses illustrations qui viennent éclairer le texte, une police de caractère plus grosse et le recours à un interlignage plus important pour aérer le texte. « Nous avons essayé de travailler tous ces facteurs, de manière à ce que l’expérience de lecture soit la plus confortable possible.« 

Un bel avenir pour Flash Fiction ? On espère.

Le résultat de ces premiers titres est très convainquant et permettra d’offrir aux enfants dyslexiques mais aussi à leurs parents ou professeurs qui les accompagnent, des lectures qui soient enfin totalement adaptées à leurs difficultés. Lirado est assez enthousiaste par rapport à cette collection Flash Fiction car le marché est encore très peu développé. D’ailleurs, avant de conclure l’entretien avec Hélène Daveau, on n’a pas pu s’empêcher de lui demander si Rageot comptait proposer des titres pour des ados plus âgés ( là aussi, on a un besoin…) : « On nous pose beaucoup cette question Pour le moment, avec « Flash Fiction », nous souhaitons nous concentrer sur le 8-12 ans, car c’est souvent dans ces quatre années que se produit le décrochage face à la lecture… Mais tout reste ouvert. Il y a de très beaux textes courts à écrire et à traduire pour eux, j’en suis convaincue. Mais il existe peut-être aussi d’autres formules à trouver pour les adolescents…« . On espère en tout cas que la collection connaîtra un franc succès pour que les 8 à 10% d’enfants dyslexiques découvrent eux aussi le plaisir de la lecture !

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Les premiers titres de la collection

        1. Contact de Malorie Blackman

Cal est passionné de foot et, avec des copains et des copines, il a monté une super équipe. Mais dans leur monde, aucun contact physique n’est autorisé de peur des maladies. Alors Cal et ses amis sont obligés de faire preuve d’imagination… quitte à transgresser un peu les règles.


        2. Derrière la porte d’Agnès Laroche

Une porte fermée à clé à l’intérieur d’une maison, c’est louche ! Si tu étais à la place d’Émilie, toi aussi tu te méfierais… Non ?  Qu’y a-t-il derrière cette porte ? Un terrible secret, peut-être ?

 

        3. Une Ecole parfaitement normale de Jérémy Strong

Max est si grand qu’à l’école tout le monde se moque de lui. Ses parents ont tout essayé afin qu’il se sente plus heureux, mais rien n’y fait. Alors, pour qu’il prenne confiance, ils l’inscrivent pour un stage dans une école un peu spéciale : là-bas, il va apprendre à se faire respecter… et à se transformer en véritable monstre !  Loup-garou, fantôme ou chevalier sans-tête, que préférez-vous  ?

        4. Il Pleut des parapluies de Susie Morgenstern

Cela fait des semaines et des semaines qu’il pleut à verse. Célia n’en pleut plus. Mais la jeune fille a de la ressource : plus tard, elle veut être inventrice ! Voici donc son premier défi : concevoir un parapluie sans manche ! Un parapluie un peu magique… Grâce à sa folle imagination et à l’aide de Jules, un garçon de sa classe, peut-être trouvera-t-elle la solution?


        5. L’Ami Zarbi de Christian Grenier

Il est poilu, il a de longues oreilles et de grandes dents… et il parle ! Mais pourquoi ce voyageur venu de l’espace a-t-il choisi Théo comme ami ?

     

Pour marque-pages : Permaliens.

3 Commentaires

  1. Ping :Où l’on parle de Fellini, de Lahary et de Nancy… – La Veille

  2. Bravo !!! Futures acquisitions pour mes p’tits lecteurs de ma bibliothèque.
    Merci pour eux !!

  3. Bravo !!
    Cette initiative est une super opportunité pour faire aimer la lecture à tous les enfants en difficulté. C’est un travail très intéressant, qui j’espère, aura un large écho partout on l’on en a besoin ! Les histoires m’ont l’air agréables à lire, leurs thèmes sympathiques, bref, ce projet m’a totalement conquise !
    Encore bravo et merci !

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