Comment je me suis débarrassé de ma mère de Gilles Abier

comment-debarassee-mereAge : 12 – 15 ans
Éditeur :  Actes Sud Junior (2015)
125 pages

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Qui n’a jamais rêvé de ne plus avoir sa mère sur le dos ? Ici, deux filles et deux garçons sautent le pas. Fini d’être surveillé, de se sentir étouffer ou même d’avoir honte…Mais à quel prix ?!

A l’adolescence, les relations avec les parents sont souvent tendues car les ados rêvent de liberté. Dans Comment je me suis débarrassée de ma mère, Gilles Abier met en scène quatre adolescents en crise avec leur mère, chacun  pour une bonne raison. Etienne ne supporte plus la jalousie et l’emprise de sa mère sur sa vie, Jessie voudrait que sa mère arrête de lui mettre la pression lors des compétitions de tennis, Alexis a honte de sa mère et Solène est dépassée par une mère qui empiète sur son intimité… Ces quatre adolescents, nous découvrons leur personnalité, leur histoire, leur relation avec leur mère, à travers quatre nouvelles avant que tous ne se retrouvent dans un cinquième texte. Le ton est mordant, les mots sont durs et les histoires sans concession. Les mères sont dépressives, possessives, omniprésentes, autoritaires et même cruelles parfois. On ne les envie pas ces ados qui sont prêts à tout pour rompre avec les liens familiaux.

Comment je me suis débarrassé de ma mère de Gilles Abier est vraiment un recueil percutant et sombre qui pousse à l’extrême le désir d’ado de s’émanciper d’un de leur parent. La chute de chacune de ces nouvelles est troublante, dérangeante, étonnante, frappante et pleine d’amertume. Ces histoires font voler en éclat l’image de la mère douce, aimante et pleine de tendresse. Les ados de Comment je me suis débarrassé de ma mère sont plein de rancœur, prêts à tout pour se débarrasser de celle qu’il considère comme un poids qui les empêche de grandir et de se construire. Ils s’expriment de façon crue et vive, sans remord. Le fossé entre ces ados et leur mère est immense, extrême.

L’originalité de Comment je me suis débarrassée de ma mère, tient aussi au fait que Gilles Abier retrouve tous ses personnages dans une ultime histoire et nous donne ainsi des nouvelles de chacun, sous un autre regard. Alors que les quatre nouvelles précédentes étaient racontées à la première personne, la cinquième l’est à la troisième personne et sa conclusion nous amène à nous poser quelques questions…Qui est vraiment le méchant dans ces histoires ? La mère ? L’ado ? Gilles Abier nous rappelle ainsi que les victimes ne sont pas forcément celles que l’on croit. du moins pas toujours.

Un texte singulier et troublant qui met parfois mal à l’aise tant la parole est dure. C’est incisif et tranchant comme une lame de rasoir. Gilles Abier est percutant et ses textes même s’ils mettent en scène des situations extrêmes sont aussi le miroir des sentiments parfois complexes qui traversent les rapports mère-fils/fille, à l’adolescence. Un texte qui dérange mais aussi révélateur.

En quelques mots :

Quel ado n’a pas rêvé un jour de ne plus avoir sa mère sur son dos ? Gilles Abier avec Comment je me suis débarrassé de ma mère propose un recueil de cinq nouvelles dans lequel quatre adolescents au bord de l’explosion, passent à la vitesse supérieure pour ne plus avoir à supporter leur mère. Ces ados se sentent oppressés par des mères étouffantes, omniprésentes et possessives qui les empêchent, à leurs yeux, de grandir et de se construire. Les portraits de ces mères qui se dessinent à travers les paroles dures et tranchantes de ces adolescents sont sans concession, pleins d’amertume et de rancœur, loin de l’image des mères douces et affectueuses qu’on nous présente souvent. Les textes sont rudes, percutants et incisifs. Les situations sont extrêmes et les relations mère-fils/fille sont brisées par un fossé immense. Les chutes de chaque histoire sont troublantes, dérangeantes mais aussi révélatrices d’ados en crise. Un texte fort et poignant qui laisse un goût amer au bord des lèvres.

A propos de Gilles Abier

Après avoir suivi une formation en art dramatique en Angleterre, Gilles Abier signe son premier roman, Fausses compagnies, chez Actes Sud en 2000. Depuis, il écrit aussi pour la jeunesse et l’essentiel de son oeuvre est publié aux éditions Actes Sud Junior. Il est notamment auteur dans les collections «Roman ado» (Accroc, J’me sens pas belle, Amour mortel), «D’une seule voix» (Le jour où je suis devenue mytho et la Piscine était vide), «Premier roman» (Le Nouveau Roi de la France et Un nuage dans le ventre), mais aussi «Roman Cadet» et «Roman Benjamin».

http://gilles-abier.fr/

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