A Silent Voice de Yoshitoki Oima

silent-voiceAge : 12 – 15 ans
Éditeur : Ki-Oon (2015)
200 pages

Note :

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Shoko Nishimiya est sourde depuis la naissance. Lorsqu’elle arrive dans la classe de Shoya Ishida, le jeune garçon a du mal à accepter sa différence et entraîne bientôt toute la classe dans le harcèlement de Shoko. Mais une plainte de la famille de Shoko renverse la situation. Ce jour là, tout bascule pour Shoya…ses camarades se retourne contre lui et le harcèle à son tour…
Des années plus tard, Shoya est amené à croiser à nouveau Shoko…comment se déroulera leur rencontre ?

J’ai entendu beaucoup de bien de A Silent Voice, un nouveau shonen, lors de sa sortie en janvier 2015. C’est d’abord les deux thèmes majeurs abordés dans ce manga qui m’ont intéressée : le handicap et le harcèlement. Les échos positifs m’ont encouragée à découvrir A Silent Voice rapidement.

D’abord publié sous la forme d’une nouvelle de 60 pages en 2011, A Silent Voice se classe numéro 1 du vote des lecteur du Bessatsu Shonen Magazine (Kodansha) au Japon. Un tour de force qui lui vaut d’être décliné en série et qui montre aussi la qualité de A Silent Voice dans un pays qui regorge de titres à lire. Mais il faut dire qu’après lecture des deux premiers tomes de la série ( au moment où je publie ces lignes), on n’est pas vraiment surpris par ce succès car il est amplement mérité.

L’histoire entre Shoko et Shoya est juste et touchante. Elle nous plonge dans une réalité de moins en moins tabou (même si des efforts restent à faire…) : le harcèlement scolaire.
Les choix de Yoshitoki Oima pour raconter la relation complexe entre Shoko et Shoya est originale. En effet, le tome 1 de A Silent Voice commence 6 ans après le harcèlement que Shoya a fait subir à Shoko. Leur rencontre se fait par hasard, et dés lors le garçon tient absolument à retrouver la jeune fille et s’excuser auprès de celle qui fut sa victime…
Après cette courte introduction, retour en arrière…nous voici dans la classe de CM2 qui a vu accueillir Shoko…et début du harcèlement qu’elle subit par Shoya…

Le premier tome de A Silent Voice se centre donc énormément sur ce harcèlement et la relation très compliquée entre Shoko et Shoya. Yoshitoki Oima pénètre au cœur des pensées de Shoya pour nous montrer à quel point le garçon évolue dans sa relation avec Shoko : fasciné, intrigué puis exaspéré, il fini par haïr Shoko sans réussir à se l’expliquer vraiment. Avant que ne se produise le retour de bâton et que Shoya comprenne la souffrance endurée par Shoko, en étant lui-même victime de harcèlement… Yoshitoki Oima montre très bien les deux aspects du harcèlement : les souffrances du harcelé mais aussi les pensées du harceleur. Même si Shoya devrait normalement attiré notre mépris, on finit par éprouver envers lui une sorte de compassion car ce qu’il n’a finalement pas compris, c’est la différence… Surtout, c’est un personnage qui va, à travers cette expérience terrible, énormément grandir et évoluer au fil du manga.

L’autre thème de A Silent Voice c’est donc le handicap, et en particulier la surdité. C’est la raison du harcèlement de Shoko et c’est ce qui terrifie Shoya car comme beaucoup d’enfant, il rejette la différence. Là aussi Yoshitoki Oima nous fait découvrir cet autre « monde », celui d’une vie sans bruit, de notes écrites sur un cahier et de langue des signes. Shoko est une jeune fille assez discrète dans le manga, plus centré sur Shoya, mais sa personnalité nous intrigue autant que le garçon, et surtout, elle semble prête à tout pardonner. Elle fait preuve d’altruisme, de gentillesse et d’intelligence, en finesse.

Et puis A Silent Voice c’est aussi cette improbable et incroyable rencontre entre deux adolescents qui se détestent puis se découvrent finalement. Insidieusement, une amitié se tisse entre Shoko et Shoya, ce qui ne se fait pas sans quelques heurts…. La jeune fille a hanté les souvenirs, la vie de Shoya jusqu’à ce qu’il la retrouve et qu’elle ne réagisse pas comme il le pensait à son encontre. Leur histoire, tendre et émouvante, rappelle au lecteur la force du pardon. C’est une partie de leur histoire qui sera plus explorée dans le tome 2 de A Silent Voice, et qui devrait se poursuivre dans les tomes suivants.
Personnellement, à la fin de cette lecture du second tome, j’ai très vraiment envie de découvrir comment l’histoire et la relation complexe qui lie Shoko et Shoya, va se terminer (un peu de patience…).
Le message de ce manga est en tout cas très optimiste et  préventif contre le harcèlement scolaire et le rejet de la différence. A Silent Voice ne manquera d’interpeller les adolescents !

En quelques mots :

A Silent Voice est un manga à succès au Japon et celui-ci est amplement mérité car ce shonen a de multiples qualités. Il aborde deux thèmes phares au travers la complexe histoire de « haine » mais aussi d’amitié, entre Shoko et Shoya : le harcèlement scolaire et le handicap.
Tendre, touchante et émouvante, A Silent Voice est aussi un manga très juste qui explore bien la difficulté des relations entre un harceleur et un harcelé. Yoshitoki Oima place la notion de pardon au coeur de son manga, à condition que celui qui en bénéficie le mérite…et c’est tout ce mérite que Shoya va devoir obtenir.
Une série au début très prometteur, qui m’a passionnée et qui ne devrait pas manquer d’interpeller les adolescents.

Extraits :

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A propos de Yoshitoki Oima

Née en 1989, Y
oshitoki Oima est une jeune mangaka. N’appréciant pas trop l’école, elle préfère dessiner.
En 2008, elle participe à un concours de jeunes auteurs organisé par Kodansha, elle n’a alors que 19 ans quand elle remporte le 1er prix avec A Silent Voice, un manga aux thématiques singulières et difficiles : le handicap et le harcèlement scolaire. Le succès de cette nouvelle lui a permis de l’adapter en série.
Si elle n’a pas de handicap particulier, l’auteur a été sensibilisée très tôt à ces sujets grâce à sa mère, interprète en langue des signes qui l’aide dans la manière de représenter les échanges muets des personnages de A Silent Voice.

 

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4 Commentaires

  1. Chuis mignon et j'aime lire!

    Je trouve ces livres géniaux (même si je n’ai lu que les 4 premier tomes). L’auteur a une façon vraiment touchante de parler du handicap dont Shoko souffre, et l’histoire est très touchante. Mais il y a trop de suspens à la fin de chaque tome: il faut tous les acheter d’un coup sinon on meurt d’impatience de découvrir la suite :)!

  2. Je l’avais remarqué aussi et je le commanderai pour le CDI. C’est malheureusement un thème sur lequel il faut de plus en plus travailler car le harcèlement continue de progresser dans nos établissements… Ce manga a l’air de le traiter d’une façon originale 😉

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